Les camps qui ne font pas de primaire

Le Rassemblement national, La France insoumise et le bloc central ne désignent pas leur candidat par un vote. Voici comment la décision se prend vraiment chez chacun, et pourquoi.

Où ça en est

Au RN, aucun texte ne prévoit de procédure : la question Le Pen ou Bardella s'est réglée par une décision de justice. Chez LFI, les adhérents ont voté sur la méthode, jamais sur le nom. Au centre, Attal et Philippe s'opposent sur l'idée même d'une primaire.

Le calendrier

  1. 3 mai 2026

    LFI : l'intergroupe propose Jean-Luc Mélenchon, qui annonce sa candidature le soir même sur TF1. Les adhérents avaient validé la méthode en avril, à 96,6 % sur 68 120 votants, mais n'ont jamais voté sur un nom.

  2. 12 mai 2026

    Renaissance : le conseil national appelle Gabriel Attal à se présenter, par 221 voix contre 22. Il se déclare le 22 mai.

  3. 10 juin 2026

    Le comité de liaison du bloc central constate un désaccord entre Édouard Philippe et Gabriel Attal sur la primaire. L'idée est écartée.

  4. 7 juillet 2026

    RN : la cour d'appel de Paris ramène l'inéligibilité de Marine Le Pen à 15 mois fermes, déjà purgés, sans exécution provisoire. Elle est éligible et se déclare le soir même. C'est une décision de justice, pas un vote de parti, qui a tranché.

  5. 24 et 25 octobre 2026

    19e congrès du RN à Orléans. Jordan Bardella y sera réélu président du parti, seul candidat. Le congrès porte sur la présidence du parti, pas sur la candidature présidentielle.

Qui se présente

Au RN, rien n'est écrit

Les statuts du Rassemblement national ne contiennent aucun article sur la désignation d'un candidat à la présidentielle. La seule mention du scrutin concerne la présidence du parti : le président peut se mettre en disponibilité pendant douze mois maximum s'il est candidat. Le règlement intérieur est muet lui aussi.

La question Le Pen ou Bardella n'a donc jamais eu de procédure. Elle s'est réglée le 7 juillet 2026 par un arrêt de cour d'appel : en ramenant l'inéligibilité à une durée déjà purgée, la justice a rendu Marine Le Pen éligible, et elle s'est déclarée le même soir.

Un point à surveiller : le pourvoi en cassation est suspensif, et la Cour de cassation dit pouvoir juger au plus tard début avril 2027, soit à quelques jours du premier tour. Aucune date d'audience n'est fixée.

Chez LFI, un vote sur la procédure

Les adhérents insoumis ont bien voté, en avril 2026, et massivement : 96,6 % sur 68 120 votants. Mais ils votaient sur une feuille de route, c'est-à-dire sur la méthode de désignation, pas sur une personne.

Cette méthode prévoit que l'intergroupe propose une candidature, validée ensuite par une investiture populaire de 150 000 parrainages citoyens. L'intergroupe décide par consensus, sans règle écrite en cas de désaccord. Le 3 mai, il a proposé Jean-Luc Mélenchon. Il n'y avait pas d'autre candidature.

Au centre, un désaccord qui bloque tout

Gabriel Attal est pour une primaire du bloc central, mais comme solution de repli : il préfère mesurer les rapports de force par les sondages début 2027. Édouard Philippe la refuse depuis mai 2026 et propose à la place un rassemblement négocié entre novembre et février.

François Bayrou a proposé le 10 août 2026 une très grande primaire de tous ceux qui rejettent les extrêmes, des socialistes aux gaullistes, fin janvier 2027. La proposition a été refusée à peu près partout, notamment par Olivier Faure.

Résultat : le bloc central présente au moins deux candidats déclarés sans mécanisme pour les départager. Le comité de liaison, qui réunit Renaissance, Horizons, le MoDem, l'UDI et le Parti radical, se retrouve le 9 septembre 2026.

Sources

Positions vérifiées le 25 août 2026

Présidentielle 2027

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