La primaire socialiste de 2026

Le Parti socialiste et Place publique désignent leur candidat pour 2027 lors d'une primaire à deux tours, les 9 et 10 puis les 16 et 17 octobre 2026. Réservée aux adhérents, avec une cotisation de 15 euros pour ceux qui veulent y participer sans être encartés.

Où ça en est

Cinq candidats sont qualifiés : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. La liste officielle est tombée le 16 septembre 2026, avec un coup de théâtre : Philippe Brun, qui avait réuni ses parrainages, a été suspendu du PS pour des accusations de violence, qu'il conteste, et ne pourra pas se présenter. Fabien Verdier n'a pas réuni assez de parrainages. Le premier tour se tient les 9 et 10 octobre, au vote électronique, réservé aux adhérents et à ceux qui ont pris la cotisation de 15 euros. Le désaccord du moment porte sur les débats télévisés : le camp Glucksmann n'en veut qu'un, les autres en réclament trois. Karim Bouamrane et Bernard Cazeneuve refusent d'y aller tout en restant candidats à la présidentielle.

Les résultats, tour par tourScores et participation, mis à jour dès leur publication.

Le calendrier

  1. 9 juillet 2026

    Les adhérents du PS choisissent une primaire fermée plutôt qu'une primaire ouverte à tous les électeurs, par 55,5 % contre 44,5 %. C'est un désaveu pour Olivier Faure, qui défendait la formule ouverte.

  2. 25 août 2026

    Le conseil national du PS adopte l'organisation de la primaire par 159 voix pour, 32 contre et 21 abstentions. Dates, cotisation de 15 euros et parrainages sont désormais fixés. Il faut 15 membres du conseil national, ou 10 parlementaires, ou 50 élus locaux répartis sur plusieurs régions pour se présenter.

  3. 28 et 29 août 2026

    Campus d'été du PS à Blois. Olivier Faure y est attendu pour dire s'il se présente.

  4. 30 août 2026

    Olivier Faure annonce sa candidature au journal de 20 heures de TF1. Le premier secrétaire du PS affronte donc Raphaël Glucksmann, qui est arrivé en favori au campus de Blois deux jours plus tôt.

  5. 1er au 15 septembre 2026

    Dépôt des candidatures. Sept personnes se sont déclarées.

  6. 16 septembre 2026

    Liste officielle : cinq candidats qualifiés. Philippe Brun est suspendu du PS à titre conservatoire pour des faits « susceptibles de relever d'une caractérisation pénale », qu'il conteste, et sa candidature n'est pas ratifiée. Fabien Verdier n'a pas réuni assez de parrainages.

  7. 23 septembre 2026

    Premier débat, sur LCI en partenariat avec Le Parisien, face à un panel de Français.

  8. 1er octobre 2026

    Deuxième débat, en prime time sur France 2 et France Inter. C'est le débat du service public, le seul auquel Raphaël Glucksmann dit vouloir participer.

  9. 9 et 10 octobre 2026

    Premier tour, au vote électronique. Si personne n'obtient la majorité absolue, un second tour est organisé la semaine suivante.

  10. 16 et 17 octobre 2026

    Second tour. Le vainqueur devient le candidat du camp social-démocrate pour 2027.

Qui se présente

Raphaël GlucksmannPlace publiqueQualifiéCandidature annoncée le 23 août 2026 au journal de 20 heures de TF1, avec l'engagement de passer par la primaire.Ségolène RoyalParti socialisteQualifiéDéclarée le 10 juillet 2026, au lendemain du vote des adhérents. Elle juge la cotisation de 15 euros trop chère.
Jérôme GuedjParti socialiste, député de l'EssonneQualifiéCandidat à la présidentielle depuis février 2026, il a confirmé le 23 août qu'il passerait par la primaire.
Emmanuel MaurelGauche républicaine et socialiste, député du Val-d'OiseQualifiéDéclaré le 26 août 2026. Sa formation fait partie des trois partis dont les adhérents peuvent voter.
Olivier FaurePremier secrétaire du Parti socialisteQualifiéCandidature annoncée le 30 août 2026 au journal de 20 heures de TF1, deux jours après le campus de Blois où il n'avait rien dit.
Philippe BrunParti socialiste, député de l'EureÉcartéDéclaré le 30 juin 2026, il avait réuni ses parrainages. Suspendu du PS le 16 septembre pour des accusations de violence portées par une ancienne collaboratrice, il dénonce une affaire « instrumentalisée » et ne peut pas se présenter.
VFabien VerdierDivers gauche, ancien maire de ChâteaudunÉcartéDéclaré le 2 septembre 2026, sur le thème des territoires : « Nos régions au pouvoir ». Il n'a pas réuni assez de parrainages.
Karim BouamraneParti socialiste, maire de Saint-OuenA renoncéCandidat à la présidentielle depuis juin, il a annoncé le 26 août qu'il n'irait pas à la primaire, jugée trop fermée. Il reste candidat en dehors.Bernard CazeneuveLa ConventionA renoncéCandidat à la présidentielle, mais il ne passe pas par cette primaire.
Boris VallaudPrésident du groupe PS à l'Assemblée nationaleNon candidatLongtemps cité, il ne s'est pas déclaré avant la clôture du 15 septembre. Il défendait la formule fermée qui a été retenue.

Comment s'inscrire pour voter, et combien ça coûte

C'est une primaire fermée : seuls les adhérents à jour de cotisation du Parti socialiste, de Place publique et des organisations du « pôle socialiste » peuvent voter. Il n'y a pas de vote citoyen comme en 2011 et 2017.

Mais la porte n'est pas complètement close. Qui veut voter sans être encarté peut adhérer à un nouvel étage, le pôle social-démocrate, contre 15 euros, ou 10 euros au tarif réduit. Les adhérents déjà à jour ne paient rien de plus. En pratique, la primaire est donc fermée sur le principe et payante pour les autres.

Ce tarif est l'objet du principal désaccord public. Ségolène Royal le trouve trop cher et plaide pour 5 euros. Le député Philippe Brun parle d'un montant « délirant » : pour beaucoup de Français, dit-il, quinze euros ce n'est pas deux cafés. Olivier Faure dit chercher le tarif le plus accessible possible. Le point de comparaison qui revient dans le débat : la primaire de 2017 coûtait 1 euro par tour.

En pratique, pour voter sans être encarté, il faut adhérer au pôle social-démocrate et payer la cotisation. L'adhésion se fait auprès du Parti socialiste, et le vote lui-même est électronique : les 9 et 10 octobre pour le premier tour, les 16 et 17 pour le second. Il n'y a pas de bureau de vote où se présenter le jour J.

Le détail des conditions n'est pas entièrement établi, et nous préférons le dire. Selon les comptes rendus, l'adhésion resterait ouverte jusqu'au jour du vote, et une ancienneté de six mois serait demandée aux adhérents déjà en place. Aucune source publique ne confirmait ces deux points à la mi-septembre. Qui veut voter a donc intérêt à s'inscrire tôt plutôt qu'à compter sur une inscription de dernière minute.

Comment on devient candidat

Se déclarer ne suffit pas. Il faut, dans le projet de règles, réunir l'une de ces quatre conditions : 15 membres du conseil national, ou 10 parlementaires, ou 50 maires venus d'au moins trois régions, ou 50 conseillers régionaux ou départementaux répartis sur huit départements et trois régions.

Chaque candidat doit aussi s'engager à respecter une charte de valeurs. Place publique en avait fait sa condition d'entrée. Son premier brouillon interdisait tout accord avec La France insoumise, y compris aux législatives. Ces deux clauses ont disparu du texte final.

Ce que la primaire n'a pas tranché publiquement, c'est ce qui se passe après. Aucune source ne dit que le résultat lie juridiquement les partis, ni que les candidats se sont engagés à soutenir le vainqueur. C'est la question qui reste ouverte, et elle compte : une primaire dont le perdant peut se présenter quand même ne règle rien.

Pourquoi il y a deux primaires à gauche, et pas une

À l'automne 2025, une primaire commune à toute la gauche avait été lancée par Marine Tondelier, Olivier Faure, Lucie Castets, François Ruffin et Clémentine Autain, visant le 11 octobre 2026. La France insoumise et Place publique l'avaient refusée d'emblée.

Le vote des adhérents socialistes du 9 juillet a mis fin à cette idée. En choisissant une primaire fermée à leur seul camp, ils ont de fait quitté le projet commun. Marine Tondelier l'a dit sans détour le lendemain : les adhérents du PS ont décidé d'enterrer la primaire.

La primaire unitaire n'a jamais été officiellement annulée, mais elle s'est vidée. Clémentine Autain et Benjamin Lucas-Lundy ont retiré leur candidature en juillet. Le PCF prépare sa propre candidature de son côté. Les Écologistes avaient déjà désigné Marine Tondelier en interne dès décembre 2025.

La bataille des débats télévisés

Le désaccord porte sur le nombre de débats avant le premier tour. Trois dates avaient d'abord circulé début septembre, sur TF1, BFMTV et France 2 : elles n'ont jamais été retenues, et le débat annoncé sur TF1 le 16 septembre n'a pas eu lieu. Le calendrier arrêté par Patrick Menucci, président de la commission d'organisation, en retient trois autres : le 23 septembre sur LCI, en partenariat avec Le Parisien, où les candidats répondent à un panel de Français ; le 1er octobre en première partie de soirée sur France 2 et France Inter, animé par Caroline Roux et Benjamin Duhamel ; un troisième sur BFMTV quelques jours avant le premier tour, dont la date n'est toujours pas fixée.

Le camp de Raphaël Glucksmann n'en veut qu'un seul, celui du service public. Son directeur de communication le justifie ainsi : « Le service public demande l'exclusivité des débats de notre primaire. Quand on est de gauche, on débat sur le service public. » Les six autres candidats y voient une esquive. Philippe Brun : « De quoi a-t-il peur ? Comment peut-on prétendre battre Marine Le Pen et avoir peur de débattre avec des socialistes ? » Olivier Faure prévient : « On laissera sa chaise vide s'il décide de ne pas participer. »

Le 9 septembre, Raphaël Glucksmann a confirmé qu'il n'irait pas aux débats des chaînes privées. Le débat du service public qu'il accepte est celui du 1er octobre : les dépêches du début septembre le situaient au 6 octobre, mais cette date appartenait au calendrier abandonné. Reste une inconnue, sa présence ou non le 23 septembre sur LCI, que la chaîne annonce avec « tous les candidats ».

Le favori a intérêt à débattre le moins possible, ses concurrents à débattre le plus possible : c'est une mécanique classique de primaire, et elle dit surtout qui se croit devant.

Ce que 2011 et 2017 nous apprennent

En 2011, la primaire citoyenne était ouverte à tout électeur signant une charte de valeurs, pour 1 euro. Elle a mobilisé 2,66 millions de votants au premier tour et 2,86 millions au second. François Hollande l'a emportée avec 56,6 %, puis a gagné la présidentielle.

En 2017, même formule à 1 euro par tour : 1,66 million de votants au premier tour, 2,05 millions au second. Benoît Hamon a gagné avec 58,7 %, avant d'obtenir 6,36 % à la présidentielle, le pire score de l'histoire du PS.

Le contraste avec octobre 2026 est le vrai sujet. Les primaires de 2011 et 2017 rassemblaient entre 1,6 et 2,9 millions de personnes pour 1 euro. Celle-ci se jouera parmi les adhérents et ceux qui paient 15 euros, sur une base de quelques dizaines de milliers de membres. Olivier Faure lui-même a parlé d'une « toute petite primaire ». Un vainqueur désigné par peu de monde arrive à la présidentielle avec moins d'élan derrière lui : c'est l'argument de ceux qui voulaient une primaire ouverte.

Sources

Positions vérifiées le 18 septembre 2026

Présidentielle 2027

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