Le Parti socialiste et Place publique désignent leur candidat pour 2027 lors d'une primaire à deux tours, mi-octobre 2026. Réservée aux adhérents, avec une cotisation de 15 euros pour ceux qui veulent y participer sans être encartés.
Où ça en est
Quatre candidats déclarés, dont Raphaël Glucksmann depuis le 23 août. Olivier Faure n'a pas encore dit s'il se présentait. Les règles définitives devaient être ratifiées par le conseil national du PS du 25 août 2026 : plusieurs détails restent donc à confirmer.
9 juillet 2026
Les adhérents du PS choisissent une primaire fermée plutôt qu'une primaire ouverte à tous les électeurs, par 55,5 % contre 44,5 %. C'est un désaveu pour Olivier Faure, qui défendait la formule ouverte.
25 août 2026
Conseil national du PS : ratification des dates, du tarif et des parrainages nécessaires. Tant que ce vote n'est pas rendu public, les règles ci-dessous restent au stade de projet.
28 et 29 août 2026
Campus d'été du PS à Blois. Olivier Faure y est attendu pour dire s'il se présente.
1er au 15 septembre 2026
Dépôt des candidatures. Après le 15 septembre, la liste est fermée.
Mi-octobre 2026
Premier tour. Si personne n'obtient la majorité absolue, un second tour est organisé la semaine suivante. Les jours exacts ont varié selon les annonces : à confirmer.
Raphaël GlucksmannPlace publiqueDéclaréCandidature annoncée le 23 août 2026 au journal de 20 heures de TF1, avec l'engagement de passer par la primaire.
Ségolène RoyalParti socialisteDéclaréDéclarée le 10 juillet 2026, au lendemain du vote des adhérents. Elle juge la cotisation de 15 euros trop chère.
Jérôme GuedjParti socialiste, député de l'EssonneDéclaréCandidat à la présidentielle depuis février 2026, il a confirmé le 23 août qu'il passerait par la primaire.
Philippe BrunParti socialiste, député de l'EureDéclaréDéclaré le 30 juin 2026. Il dénonce un tarif « délirant » et propose un fonds pour payer la cotisation des plus modestes.
Olivier FaurePremier secrétaire du Parti socialistePressentiN'a pas encore annoncé sa décision. Attendu au campus de Blois fin août.
Boris VallaudPrésident du groupe PS à l'Assemblée nationalePressentiAucune déclaration publique. Il défendait la formule fermée qui a été retenue.
Bernard CazeneuveLa ConventionA renoncéCandidat à la présidentielle, mais il ne passe pas par cette primaire.
Karim BouamraneMaire de Saint-OuenA renoncéCandidat à la présidentielle, il refuse de participer à la primaire.C'est une primaire fermée : seuls les adhérents à jour de cotisation du Parti socialiste, de Place publique et des organisations du « pôle socialiste » peuvent voter. Il n'y a pas de vote citoyen comme en 2011 et 2017.
Mais la porte n'est pas complètement close. Qui veut voter sans être encarté peut adhérer à un nouvel étage, le pôle social-démocrate, contre 15 euros, ou 10 euros au tarif réduit. Les adhérents déjà à jour ne paient rien de plus. En pratique, la primaire est donc fermée sur le principe et payante pour les autres.
Ce tarif est l'objet du principal désaccord public. Ségolène Royal le trouve trop cher et plaide pour 5 euros. Le député Philippe Brun parle d'un montant « délirant » : pour beaucoup de Français, dit-il, quinze euros ce n'est pas deux cafés. Olivier Faure dit chercher le tarif le plus accessible possible. Le point de comparaison qui revient dans le débat : la primaire de 2017 coûtait 1 euro par tour.
Le détail des conditions n'est pas entièrement établi. Selon les comptes rendus, l'adhésion resterait ouverte jusqu'au jour du vote, et une ancienneté de six mois serait demandée aux adhérents déjà en place. Ces deux points restaient à confirmer au moment d'écrire cette page.
Se déclarer ne suffit pas. Il faut, dans le projet de règles, réunir l'une de ces quatre conditions : 15 membres du conseil national, ou 10 parlementaires, ou 50 maires venus d'au moins trois régions, ou 50 conseillers régionaux ou départementaux répartis sur huit départements et trois régions.
Chaque candidat doit aussi s'engager à respecter une charte de valeurs. Place publique en avait fait sa condition d'entrée. Son premier brouillon interdisait tout accord avec La France insoumise, y compris aux législatives. Ces deux clauses ont disparu du texte final.
Ce que la primaire n'a pas tranché publiquement, c'est ce qui se passe après. Aucune source ne dit que le résultat lie juridiquement les partis, ni que les candidats se sont engagés à soutenir le vainqueur. C'est la question qui reste ouverte, et elle compte : une primaire dont le perdant peut se présenter quand même ne règle rien.
À l'automne 2025, une primaire commune à toute la gauche avait été lancée par Marine Tondelier, Olivier Faure, Lucie Castets, François Ruffin et Clémentine Autain, visant le 11 octobre 2026. La France insoumise et Place publique l'avaient refusée d'emblée.
Le vote des adhérents socialistes du 9 juillet a mis fin à cette idée. En choisissant une primaire fermée à leur seul camp, ils ont de fait quitté le projet commun. Marine Tondelier l'a dit sans détour le lendemain : les adhérents du PS ont décidé d'enterrer la primaire.
La primaire unitaire n'a jamais été officiellement annulée, mais elle s'est vidée. Clémentine Autain et Benjamin Lucas-Lundy ont retiré leur candidature en juillet. Le PCF prépare sa propre candidature de son côté. Les Écologistes avaient déjà désigné Marine Tondelier en interne dès décembre 2025.
En 2011, la primaire citoyenne était ouverte à tout électeur signant une charte de valeurs, pour 1 euro. Elle a mobilisé 2,66 millions de votants au premier tour et 2,86 millions au second. François Hollande l'a emportée avec 56,6 %, puis a gagné la présidentielle.
En 2017, même formule à 1 euro par tour : 1,66 million de votants au premier tour, 2,05 millions au second. Benoît Hamon a gagné avec 58,7 %, avant d'obtenir 6,36 % à la présidentielle, le pire score de l'histoire du PS.
Le contraste avec octobre 2026 est le vrai sujet. Les primaires de 2011 et 2017 rassemblaient entre 1,6 et 2,9 millions de personnes pour 1 euro. Celle-ci se jouera parmi les adhérents et ceux qui paient 15 euros, sur une base de quelques dizaines de milliers de membres. Olivier Faure lui-même a parlé d'une « toute petite primaire ». Un vainqueur désigné par peu de monde arrive à la présidentielle avec moins d'élan derrière lui : c'est l'argument de ceux qui voulaient une primaire ouverte.
Présidentielle 2027
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