Bardella signe un accord sur l'immigration avec Nigel Farage
Au congrès de Reform UK, le président du RN a signé un texte prévoyant, si les deux partis arrivent au pouvoir, le renvoi vers la France des migrants interceptés dans les eaux britanniques. L'accord a été attaqué de Jean-Luc Mélenchon à Édouard Philippe. Mélenchon a répondu le lendemain à Lille : « ce n'est pas la France qui parlait, c'est seulement un fasciste sans réputation et sans portée ».
Le vendredi 4 septembre 2026, au congrès de Reform UK à Birmingham, Jordan Bardella a signé un protocole avec le parti de Nigel Farage. Le texte prévoit que les migrants interceptés par le Royaume-Uni dans ses eaux territoriales soient renvoyés vers la France, à charge ensuite pour la France de les renvoyer vers leur pays d'origine. Il prévoit aussi la détention et l'expulsion immédiates de tout migrant arrivé illégalement au Royaume-Uni depuis la France.
L'accord a été critiqué par une large partie de la classe politique française. Jean-Luc Mélenchon l'a jugé « lamentable ». Édouard Philippe a ironisé sur ce « revirement » et s'est demandé si Marine Le Pen partageait la position de Jordan Bardella. Gabriel Attal a parlé de « soumission totale » et d'un degré d'impréparation qu'il a jugé inédit. Xavier Bertrand a accusé Jordan Bardella de « prosternation » devant Nigel Farage, et le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a dénoncé une « humiliation » contraire à la souveraineté française.
Le lendemain, samedi 5 septembre, à la braderie de Lille, Jean-Luc Mélenchon a visé directement Jordan Bardella : « Non, ce n'est pas la France qui parlait, c'est seulement un fasciste sans réputation et sans portée. »
Propose de régulariser les travailleurs sans papiers et défend l'accueil, tout en parlant de « désordre » migratoire à corriger par la paix et le co-développement.
Pour des quotas migratoires débattus au Parlement.
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.