Le Pen, Philippe, Attal et Retailleau à la messe du pape, la gauche absente
Marine Le Pen, Jordan Bardella, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ont assisté à la messe de Léon XIV place de la Concorde le 26 septembre. Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Fabien Roussel et François Ruffin ont préféré les marches pour le climat. Au RN, Sébastien Chenu assure que « la laïcité, ce n'est pas l'interdiction d'aller assister à un culte ».
Le pape Léon XIV a célébré une messe place de la Concorde, à Paris, le samedi 26 septembre. Plusieurs candidats à la présidentielle étaient dans les tribunes : Marine Le Pen et Jordan Bardella pour le Rassemblement national, les anciens Premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal, et Bruno Retailleau pour Les Républicains. Le Premier ministre Sébastien Lecornu et l'ancien président Nicolas Sarkozy étaient aussi présents. Emmanuel Macron, qui avait accueilli le pape la veille, n'y est pas allé.
Jordan Bardella a parlé d'« un formidable moment de communion avec les catholiques ». Gabriel Attal a décrit « un très bon moment ». Bruno Retailleau a rappelé « que notre civilisation a des racines chrétiennes ». Au RN, le député Sébastien Chenu a répondu aux critiques : « La laïcité, ce n'est pas l'interdiction d'aller assister à un culte ».
La gauche était largement absente. Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Fabien Roussel et François Ruffin ont préféré les marches pour le climat organisées le même jour. La messe a ainsi rassemblé la droite, le centre et le RN d'un côté, et laissé la gauche de l'autre, sur une question qui touche à la laïcité.
Quelle place pour la religion dans l'espace public ?
Marine Le Pen : Interdire le voile dans tout l'espace public
Veut interdire le voile dans l'espace public, au nom de la lutte contre l'islamisme.
Jordan Bardella : Interdire le voile dans tout l'espace public
Veut étendre l'interdiction des signes religieux de l'école à « la sphère publique », par référendum, tout en refusant « une police du vêtement ». Source
Une interdiction du voile dans le sport « serait contraire à ce qu'est la laïcité en France » (2025) ; déjà opposé à une loi sur les accompagnatrices scolaires en 2019. Source
Gabriel Attal : Contrôler les financements, plus d'interdits
A interdit l'abaya à l'école comme ministre de l'Éducation (août 2023) et veut interdire le voile aux mineures de moins de 15 ans dans l'espace public (mai 2025). Source
Ligne dure : contre le voile dans le sport et l'espace scolaire élargi.
Le sujet en bref
La loi de 1905 sépare les Églises et l'État. Le débat porte sur son application : certains candidats défendent une laïcité de tolérance ouverte aux pratiques religieuses, d'autres veulent appliquer la loi telle quelle, d'autres encore renforcer le contrôle des financements et étendre les interdits, jusqu'à l'interdiction du voile dans tout l'espace public.
Les chiffres clés
Atteintes à la laïcité signalées à l'école : 4 280 (-35 %) (année scolaire 2024-2025, source)
Interdiction de l'abaya à l'école : confirmée par le Conseil d'État (septembre 2023, source)
Voile dans les compétitions sportives : interdiction votée par le Sénat, pas encore adoptée par l'Assemblée (février 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de 1905 sépare les Églises et l'État et garantit le libre exercice des cultes. La loi de 2004 interdit les signes religieux ostensibles aux élèves des écoles publiques, étendue à l'abaya par une note de rentrée 2023 validée par le Conseil d'État. La loi du 24 août 2021 « confortant le respect des principes de la République » encadre les associations cultuelles, l'instruction en famille et impose la neutralité aux délégataires de service public.
Ce qui a changé depuis 2022
Après l'assassinat de Dominique Bernard à Arras en octobre 2023, le ministère a renforcé le suivi des atteintes à la laïcité, qui reculent depuis 2024. L'abaya a été interdite à l'école en 2023. Le Sénat a voté en février 2025 l'interdiction des signes religieux dans les compétitions sportives, texte que l'Assemblée n'a pas encore adopté.