Philippe juge « incontestable » l'échec de l'intégration
Le 27 octobre dans Le Point, Édouard Philippe a jugé « incontestable » l'échec de l'intégration depuis plusieurs décennies. Il confirme vouloir diviser par deux l'immigration légale pendant le prochain quinquennat.
Dans un entretien au Point publié le mardi 27 octobre, Édouard Philippe a été interrogé sur le lien que font certains de ses concurrents entre immigration mal régulée et désordres récents. « L'échec de l'intégration dans notre pays depuis plusieurs décennies est incontestable », a répondu le candidat d'Horizons.
Il veut, « au cours du prochain quinquennat, diviser l'immigration légale par deux ». Les titres de séjour ne seraient plus délivrés que pour le travail et les études. Il veut restreindre le regroupement familial, réformer l'examen des demandes d'asile et dénoncer l'accord franco-algérien de 1968.
Il prévient aussi contre les amalgames : « Désigner des boucs émissaires détruit le principe même de la communauté nationale ». Il propose des peines de prison très courtes mais exécutées dès la première infraction, et le retour d'un service national obligatoire. Il avait déjà défendu la division par deux de l'immigration légale le 8 octobre sur France 2.
« On doit diviser par deux l'immigration légale, mais cela ne veut pas dire la ramener à zéro » (L'Heure de vérité, France 2, 8 octobre 2026). Pour des quotas migratoires débattus au Parlement. Source
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.