Villepin : « pas de régularisation massive et globale »
Sur LCI, Dominique de Villepin s'est dit pour « une immigration maîtrisée » et contre une régularisation massive des sans-papiers, le jour où Olivier Faure en propose 400 000. Il veut enregistrer les sans-papiers avec des documents biométriques. Il se place ainsi plus à droite que la gauche sur ce sujet, alors que sa fiche le situait côté accueil.
Invité de LCI le jeudi 17 septembre, Dominique de Villepin a dit : « Je suis pour une immigration maîtrisée, ce qui impose de savoir exactement ce qui se passe sur notre territoire ». Selon lui, ce n'est « pas le cas » aujourd'hui. Il rejette toute « régularisation massive et globale » des étrangers en situation irrégulière.
L'ancien ministre de l'Intérieur propose d'enregistrer les sans-papiers avec des documents biométriques, pour savoir « qui ils sont, ce qu'ils font ». Il regrette que la France n'ait « pas les outils pour appliquer la politique du retour » et veut renforcer le « travail diplomatique » avec les pays d'origine pour appliquer les OQTF. Il juge aussi qu'« il y a trop d'étrangers mal intégrés ».
Ces propos arrivent au moment où Olivier Faure, candidat à la primaire PS et Place publique, propose sur BFMTV de régulariser les travailleurs sans-papiers sur le modèle espagnol, soit environ 400 000 personnes. Faure précise : « Je ne parle pas de tous les sans-papiers ».
Interrogé sur sa place sur l'échiquier, Villepin résume : « Je suis pour la justice sociale, ce qui me met à gauche. Je suis pour l'ordre républicain, ce qui me met à droite ». À 72 ans, il n'a pas encore officialisé sa candidature et se situe autour de 3 % d'intentions de vote.
« Pas de régularisation massive et globale » : veut une immigration « maîtrisée », en commençant par enregistrer les sans-papiers avec des documents biométriques. Source
Olivier Faure : Ouvrir, régulariser les sans-papiers
Veut régulariser environ 400 000 travailleurs sans papiers sur le modèle espagnol, 500 000 « ne (le) choque pas », avec un titre de séjour pour toute personne ayant un contrat depuis six mois. Source
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.