Agriculture

Quelle agriculture pour la France ?

Mis à jour le . Positions résumées à la main depuis les programmes et déclarations publiques. Méthodologie

En bref

Revenu des agriculteurs, pesticides, normes et concurrence étrangère : l'agriculture est un sujet sensible depuis les mobilisations de 2024. Les positions vont de la sortie des pesticides et du tout bio à une pause réglementaire donnant la priorité aux rendements, en passant par une transition accompagnée avec des prix garantis ou l'allègement des normes.

Chiffres clés

Exploitations agricoles389 800 en métropole, environ 100 000 de moins qu'en 2010Source · recensement 2020
Production agricole hors subventions+4,7 % en valeur, après -8,4 % l'année précédenteSource · 2025 (compte provisoire)
Loi Duplombréintroduction des néonicotinoïdes censurée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-891 DC)Source · 7 août 2025
Accord UE-Mercosurapplication provisoire depuis le 1er mai 2026Source · mai 2026

La loi aujourd'hui

La loi d'orientation agricole du 24 mars 2025 fait de la souveraineté alimentaire un « intérêt général majeur » et facilite l'installation et la transmission. La loi Duplomb du 11 août 2025 assouplit les règles sur les retenues d'eau et les élevages, mais sa dérogation sur les néonicotinoïdes a été censurée le 7 août 2025 par le Conseil constitutionnel.

Ce qui a changé depuis 2022

Les manifestations d'agriculteurs de l'hiver 2024 ont conduit le gouvernement à suspendre le plan Ecophyto et à alléger les normes. La loi d'orientation, promise en 2022, n'a été promulguée qu'en mars 2025. L'accord UE-Mercosur, combattu par la France, a été signé en janvier 2026 et s'applique provisoirement depuis mai 2026.

Où se placent les candidats

Sortir des pesticides, tout vers le bio

  • Jean-Luc Mélenchon : Interdiction immédiate du glyphosate, des néonicotinoïdes et des SDHI, prix planchers et fermeture des fermes-usines d'ici 2027.
  • Marine Tondelier : Sortie planifiée des pesticides et soutien au bio, cœur du programme écologiste.
  • Delphine Batho : Interdiction immédiate du glyphosate et des néonicotinoïdes, cap sur le bio.

Transition accompagnée, prix garantis

  • François Ruffin : Prix planchers garantis par l'État pour chaque production et interdiction des pesticides les plus dangereux, dont le glyphosate.
  • Fabien Roussel : Conférences annuelles par filière pour fixer les prix, sortie des produits chimiques sans innocuité, « manger moins de viande mais de la bonne viande » (2022).
  • Raphaël Glucksmann : Prix planchers rémunérateurs et interdiction des pesticides les plus néfastes (programme européen 2024).
  • Olivier Faure : Instaurer des prix minimums garantis fondés sur les coûts de production, viser 25 % de surfaces bio et interdire le glyphosate, avec un accompagnement financier de la transition.
  • Dominique de Villepin : Propose de réduire de moitié l'usage des produits phytosanitaires d'ici 2030, de sanctuariser des contrats pluriannuels pour la filière bio et d'instaurer des prix planchers pour les agriculteurs (février 2026).

Continuer comme aujourd'hui

Alléger les normes qui pèsent sur les fermes

  • Gabriel Attal : « Pas d'interdiction sans solution, pas de surtransposition » : annulation de la hausse de taxe sur le GNR et dérogations à la conditionnalité PAC (janvier 2024).
  • Édouard Philippe : Les députés Horizons ont voté la loi Duplomp le 8 juillet 2025, qui allège les contraintes et réintroduit certains néonicotinoïdes.
  • Xavier Bertrand : « Je transcrirai les normes européennes sans une virgule de plus » : engagement à ne jamais surtransposer, notamment sur les pesticides (2021).
  • David Lisnard : « Rendre aux agriculteurs la liberté de produire », usage raisonné des phytosanitaires sur base scientifique.
  • Nicolas Dupont-Aignan : Veut simplifier les normes agricoles, sortir du pacte vert européen et des quotas de jachères, et rétablir des prix garantis par des « primes tricolores » en remplacement des primes de la PAC.

Pause réglementaire, priorité aux rendements

  • Bruno Retailleau : « Lorsqu'un produit est autorisé dans l'UE, il le sera aussi en France » : guerre à la « culture du blocage » (Salon de l'agriculture, 24 février 2026).
  • Marine Le Pen : Un prix garanti aux agriculteurs « ne peut fonctionner que si on n'impose pas la multiplication des normes » (28 février 2024) ; refuse toute interdiction de pesticide sans solution équivalente.
  • Éric Zemmour : Son programme de 2022 prévoit un moratoire sur les traités de libre-échange pénalisant les agriculteurs, l'interdiction de la sur-transposition des normes européennes et le blocage des importations non conformes aux normes françaises.

Présidentielle 2027

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