Dépense publique

L'État doit-il dépenser plus ou moins ?

Mis à jour le . Positions résumées à la main depuis les programmes et déclarations publiques. Méthodologie

En bref

La dépense publique française représente environ 57 % du PIB, l'un des niveaux les plus élevés d'Europe. Le débat porte sur son volume : certains candidats veulent dépenser davantage pour les services publics, quitte à emprunter, d'autres veulent la réduire fortement pour baisser les impôts et le déficit. Entre les deux, plusieurs défendent le niveau actuel.

Chiffres clés

Dépense publique57,2 % du PIBSource · 2025
Déficit public152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB)Source · 2025
Prélèvements obligatoires43,6 % du PIBSource · 2025
Premier poste de dépenseProtection sociale : 693 milliards d'euros (41 %)Source · 2024
Dépense publique totale1 714,1 milliards d'eurosSource · 2025

La loi aujourd'hui

Le budget de l'État est voté chaque année dans la loi de finances, celui de la Sécurité sociale dans la loi de financement de la Sécurité sociale. La France est sous procédure européenne pour déficit excessif depuis juillet 2024 et doit ramener son déficit sous 3 % du PIB d'ici 2029. La Cour des comptes juge en février 2026 que la baisse du déficit reste trop lente pour stabiliser la dette.

Ce qui a changé depuis 2022

Après le « quoi qu'il en coûte » du Covid et les boucliers tarifaires sur l'énergie de 2022 et 2023, le déficit a dérapé à 5,8 % du PIB en 2024. Le budget 2025 n'a été adopté qu'en février 2025 après la censure du gouvernement Barnier. Le budget 2026 a combiné hausses de prélèvements et gel de certaines dépenses, et la dépense publique a ralenti à +2,5 % en 2025.

Où se placent les candidats

Dépenser beaucoup plus, quitte à emprunter

  • Nathalie Arthaud : Défend l'augmentation générale des salaires et des embauches dans les services publics, financées en prenant sur les profits.
  • Jean-Luc Mélenchon : L'Avenir en commun assume une relance massive par la dépense publique et l'emprunt, chiffrée à plusieurs centaines de milliards.
  • Fabien Roussel : Programme de « jours heureux » : hausse des salaires, embauches massives dans l'hôpital et l'école.

Dépenser plus sur les services publics

  • François Ruffin : Défend un État qui investit dans les services publics et les territoires délaissés.
  • Marine Tondelier : Défend un grand plan d'investissement public dans la transition, financé par la fiscalité sur les plus riches.
  • Delphine Batho : Dénonce « l'austérité qui ne dit pas son nom » et demande des aides publiques d'urgence.
  • Raphaël Glucksmann : Social-démocrate assumé : investissement public oui, mais dans le sérieux budgétaire européen.
  • Ségolène Royal : Défend les services publics et le pouvoir d'achat, dans une tradition socialiste classique.
  • Olivier Faure : Refaire de la proximité des services publics une priorité, avec un nombre minimal de services garanti par bassin de population, et réinvestir dans les fonctions vitales que sont la santé, l'éducation, le logement et la mobilité.

Garder à peu près le niveau actuel

  • Bernard Cazeneuve : Social-démocratie de gestion : sérieux budgétaire revendiqué, pas de programme de relance.
  • Dominique de Villepin : Gaullisme social : l'État stratège investit, mais sans programme de dépense massif.
  • Nicolas Dupont-Aignan : Souverainisme budgétaire : économies sur l'UE et l'immigration, dépense pour l'industrie.

Réduire la dépense sans casser les services

  • Gabriel Attal : Assume la maîtrise de la dépense : année blanche sur les prestations en 2028, hors petites retraites.
  • Xavier Bertrand : Droite sociale : refus de l'austérité brutale comme de la dépense sans compter.
  • Marine Le Pen : Annonce 125 milliards d'euros d'économies et un État qui « doit réduire drastiquement sa dépense », sans couper dans les prestations : des économies présentées comme indolores, sur la fraude, l'immigration et l'Europe.
  • Jordan Bardella : Porte le même programme que Marine Le Pen, avec un accent plus libéral sur l'entreprise.

Couper fort dans la dépense et les impôts

  • Édouard Philippe : Le plus explicite sur l'effort : réduction franche de la dépense publique pour désendetter.
  • Bruno Retailleau : Propose le gel des dépenses de l'État, des retraites et des prestations, et la suppression de deux jours fériés.
  • David Lisnard : Programme de 43 mesures : baisse drastique des prélèvements et de la bureaucratie.
  • Éric Zemmour : Très libéral sur l'économie : baisse massive des impôts et de la dépense sociale.

Présidentielle 2027

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