Dette publique

Que faire des 3 300 milliards de dette ?

Mis à jour le . Positions résumées à la main depuis les programmes et déclarations publiques. Méthodologie

En bref

La dette publique française dépasse 3 300 milliards d'euros, soit environ 113 % du PIB. Les candidats divergent sur la marche à suivre : annuler la part détenue par la Banque centrale, geler le remboursement pour investir, stabiliser sans plan de choc, réduire le déficit chaque année, ou lancer un plan d'économies massif.

Chiffres clés

Dette publique3 460,5 milliards d'euros (115,6 % du PIB), après 112,6 % fin 2024Source · fin 2025
Déficit public152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB), après 5,8 % en 2024Source · 2025
Charge d'intérêts64,7 milliards d'euros (2,2 % du PIB), +11,2 % sur un anSource · 2025
Dépenses et recettes publiques57,2 % du PIB de dépenses, 52,1 % de recettes, prélèvements obligatoires 43,6 %Source · 2025

La loi aujourd'hui

Les règles européennes réformées en avril 2024 imposent un plan budgétaire à moyen terme ; la France est en procédure pour déficit excessif depuis juillet 2024, avec un retour du déficit sous 3 % du PIB attendu en 2029. La dette au sens de Maastricht atteint 115,6 % du PIB fin 2025 et la charge d'intérêts, 64,7 milliards d'euros en 2025, est devenue l'un des premiers postes de dépense de l'État. Le budget 2026 a été adopté par 49.3 en février 2026.

Ce qui a changé depuis 2022

Le déficit est passé de 4,7 % du PIB en 2022 à 5,4 % en 2023, 5,8 % en 2024 puis 5,1 % en 2025, alors que la dette passait de 111,4 % du PIB fin 2022 à 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB, fin 2025. Le Conseil de l'UE a ouvert une procédure pour déficit excessif en juillet 2024 et validé une trajectoire 2025-2029. La chute des gouvernements Barnier (décembre 2024) et Bayrou (septembre 2025) a retardé les budgets 2025 et 2026, adoptés avec de nouveaux impôts et des économies.

Où se placent les candidats

Annuler la part détenue par la Banque centrale

  • Nathalie Arthaud : Refuse que la dette soit remboursée aux banques au prix de plans d'austérité, et veut que les profits des grands groupes financent les hôpitaux et les services publics plutôt que le service de la dette.
  • Jean-Luc Mélenchon : Exiger que la BCE transforme la dette publique qu'elle détient en dette perpétuelle à taux nul, audit citoyen pour identifier la part illégitime.

Geler le remboursement, investir d'abord

  • Fabien Roussel : Un « Pacte pour la France » à 500 milliards d'euros d'investissements sur cinq ans, l'investissement avant la réduction de la dette (2025).

Stabiliser la dette sans plan de choc

  • Raphaël Glucksmann : Un grand emprunt européen pour la souveraineté et 100 milliards d'investissement public vert sur dix ans, plutôt qu'un plan d'austérité.
  • Ségolène Royal : Veut réduire le déficit en s'attaquant aux « gaspillages », doublons administratifs et aides aux entreprises sans contrepartie, plutôt qu'en coupant dans l'éducation et la santé (octobre 2025).
  • Olivier Faure : Réformer les règles budgétaires européennes pour qu'elles ne reposent plus sur des cibles chiffrées mais sur la trajectoire de soutenabilité de la dette, sans plan d'économies de choc.
  • Nicolas Dupont-Aignan : Prévoit « un plan de désendettement progressif et en douceur » par une gestion saine des finances publiques, en excluant tout défaut de paiement même partiel.

Réduire le déficit chaque année

  • Gabriel Attal : Assume la rigueur budgétaire : « nous poursuivrons sur cette voie de rigueur et de responsabilité », après le décret annulant 10 milliards de crédits (26 mars 2024).
  • Xavier Bertrand : Baisser de moitié les impôts de production (33 milliards) sans hausse de prélèvements, financé par des économies, et « ne pas laisser filer les déficits ni la dette » (MEDEF, 27 août 2026).
  • Jordan Bardella : Le contre-budget 2026 du Rassemblement national ramène le déficit public à 107 milliards d'euros contre 143 dans le budget Lecornu, par des économies et non par une hausse générale des prélèvements (octobre 2025).

Plan d'économies massif pour désendetter vite

  • Édouard Philippe : Ramener le déficit sous 3 % du PIB et inscrire une limite aux déficits dans la Constitution ; « reproduire à l'échelle de la France ce qu'il a fait au Havre ».
  • Bruno Retailleau : Réduire la dépense par la réforme des retraites, le plafonnement des aides et la baisse des effectifs publics ; « le pouvoir d'achat doit venir de la création de richesse, pas de l'argent de l'État » (7 janvier 2026).
  • David Lisnard : 200 milliards d'euros d'économies annuelles ; « l'État est drogué à la dépense publique » (novembre 2025).
  • Éric Zemmour : Son chiffrage de 2022 prévoit 20 milliards d'euros d'économies par la suppression des prestations non contributives pour les étrangers extra-européens et 15 milliards de baisse annuelle des dépenses de l'État d'ici 2027.

Présidentielle 2027

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