Industrie et commerce

Quel rôle de l'État dans l'industrie ?

Mis à jour le . Positions résumées à la main depuis les programmes et déclarations publiques. Méthodologie

En bref

La part de l'industrie dans le PIB français a reculé depuis quarante ans. Le débat porte sur le rôle de l'État : nationaliser les secteurs clés, planifier et refuser les traités de libre-échange, poursuivre les aides actuelles à la réindustrialisation, baisser les impôts de production et alléger les normes, ou laisser faire le marché.

Chiffres clés

Poids de l'industrie manufacturière10,8 % de la valeur ajoutée, contre 16,0 % en Italie et 19,8 % en AllemagneSource · 1er trimestre 2025
Emploi industriel3,4 millions de salariés, dont 2,9 millions dans l'industrie manufacturièreSource · 2023
Déficit commercial69,2 milliards d'euros, après 79,2 en 2024 et 161,7 en 2022Source · 2025
Exportations de biens614,7 milliards d'eurosSource · 2025

La loi aujourd'hui

L'État intervient par le plan France 2030 (54 milliards d'euros d'investissements publics sur 2021 à 2030), par la loi industrie verte du 23 octobre 2023 (procédures accélérées pour les projets d'intérêt national majeur, crédit d'impôt pour les technologies vertes, commande publique) et par des baisses d'impôts de production engagées depuis 2021. L'industrie manufacturière pèse environ 10,8 % de la valeur ajoutée et emploie 2,9 millions de salariés.

Ce qui a changé depuis 2022

La loi industrie verte a été promulguée le 23 octobre 2023 et France 2030 a poursuivi ses appels à projets, avec une phase IA lancée en février 2025. Le déficit commercial a reculé de 161,7 milliards d'euros en 2022, record lié à l'énergie, à 69,2 milliards en 2025 grâce à la baisse de la facture énergétique et au rebond du nucléaire. La production manufacturière restait au deuxième trimestre 2025 à 4,3 points sous son niveau de 2019, contre 12,4 points en Allemagne et 6,3 points en Italie.

Où se placent les candidats

Nationaliser les secteurs clés

  • Jean-Luc Mélenchon : Renationaliser EDF et Engie à 100 %, monopole public de l'énergie, interdiction de délocaliser pendant dix ans pour toute entreprise aidée.
  • François Ruffin : Nationaliser ArcelorMittal : « quand le capital, le patron, les actionnaires refusent d'investir, on doit prendre le relais » (2025).
  • Fabien Roussel : Nationaliser les grandes entreprises stratégiques de la pharmacie, de l'énergie, des transports, de la banque et de l'assurance.
  • Olivier Faure : Opérer des prises de contrôle publiques des secteurs stratégiques (eau, énergie, transports, alimentation) pour piloter la bifurcation écologique, par des nationalisations et des européanisations vertes.

Planifier, refuser les traités de libre-échange

  • Marine Tondelier : Veut planifier la réindustrialisation des filières stratégiques, avec un droit de préemption sur les outils de production en cas de fermeture d'usine et un passage sous gestion publique exceptionnelle si nécessaire.
  • Delphine Batho : À la liquidation judiciaire de Brandt, dénonce une logique de rentabilité financière incompatible avec l'industrie française et appelle à une relocalisation fondée sur des critères écologiques plutôt que sur les volumes (décembre 2025).
  • Raphaël Glucksmann : Réindustrialiser par la transition écologique, Buy European Act et conditionnalité des aides publiques.
  • Ségolène Royal : Ministre de l'Écologie, elle jugeait que le traité transatlantique posait « de gros problèmes » pour l'agriculture, l'environnement et les productions locales, et s'opposait à sa signature en l'état (mai 2016).
  • Karim Bouamrane : Fait de la souveraineté énergétique, numérique et alimentaire un axe de son manifeste, avec la maîtrise française de l'intelligence artificielle.
  • Nicolas Dupont-Aignan : Veut rétablir un droit de veto français sur les accords de libre-échange européens, instaurer des droits de douane compensateurs et réserver 75 % de la commande publique aux produits fabriqués en France.
  • Marine Le Pen : Renationalisation des concessions d'autoroutes (programme 2022) et interdiction des aides publiques qui financent des délocalisations (2024).
  • Jordan Bardella : Réformer le code des marchés publics pour y intégrer la priorité nationale, et contrôler les importations contre la concurrence déloyale due au différentiel de normes.

Continuer les aides actuelles à la réindustrialisation

  • Bernard Cazeneuve : Propose un plan de réindustrialisation sur dix ans, avec sécurisation des filières stratégiques par l'État et incitations fiscales ciblées sur la recherche et l'investissement productif (Lettre aux Français, juillet 2026).

Baisser les impôts de production, alléger les normes

  • Édouard Philippe : Un « deal » aux entreprises : 50 milliards d'euros de baisses d'impôts sur le quinquennat contre des engagements d'investissement.
  • Xavier Bertrand : Diviser par deux les impôts de production ; la baisse des cotisations est « la clé de la réindustrialisation » (2022).

Laisser faire le marché et le libre-échange

  • David Lisnard : Un « choc massif de dérégulation » et la baisse des impôts de production.

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