Numérique et IA

Encadrer la tech, ou accélérer ?

Mis à jour le . Positions résumées à la main depuis les programmes et déclarations publiques. Méthodologie

En bref

Intelligence artificielle, réseaux sociaux, données personnelles, géants du numérique : la tech entre dans la campagne. Les candidats vont d'une régulation forte, avec taxation des géants et interdiction des réseaux aux mineurs, à une accélération avec le moins de contraintes possible, en passant par la simple application des règles européennes.

Chiffres clés

Investissements privés IA annoncés109 milliards d'euros annoncés lors du Sommet pour l'action sur l'IASource · février 2025
France 203054 milliards d'euros déployés sur 5 ansSource · depuis 2021
Pays au Sommet IAPlus de 100 pays représentés, 100 actions et engagements annoncésSource · 6 au 11 février 2025
Mineurs et réseaux sociauxloi n° 2026-813 du 24 août 2026, promulguée sans son article 1er censuré par le Conseil constitutionnelSource · 24 août 2026

La loi aujourd'hui

Le cadre est surtout européen : règlement sur les services numériques (DSA) applicable à toutes les plateformes depuis le 17 février 2024, et règlement sur l'IA (AI Act) entré en vigueur en août 2024 avec une application par étapes jusqu'en 2027. En France, la loi du 7 juillet 2023 fixe une majorité numérique à 15 ans (accord parental en dessous) et la loi SREN du 21 mai 2024 renforce le contrôle de l'âge sur les sites pornographiques. La loi n° 2026-813 du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux a été promulguée sans son article 1er : le Conseil constitutionnel, par sa décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026, a jugé l'interdiction d'accès aux moins de 15 ans contraire à la Constitution. Restent notamment l'interdiction de la publicité pour les réseaux sociaux visant spécifiquement les mineurs et un volet de sensibilisation au numérique.

Ce qui a changé depuis 2022

La loi du 7 juillet 2023 a instauré la majorité numérique à 15 ans, la loi SREN du 21 mai 2024 a transposé le DSA et l'AI Act européen a été adopté en 2024. Le Sommet pour l'action sur l'IA des 10 et 11 février 2025 à Paris a réuni plus de 100 pays et s'est accompagné de l'annonce de 109 milliards d'euros d'investissements privés en France. Le Parlement a adopté définitivement le 21 juillet 2026 le texte de la commission mixte paritaire, qui interdisait les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais le Conseil constitutionnel a censuré cet article le 14 août 2026 au nom de la liberté d'expression, et la loi a été promulguée le 24 août 2026 sans lui.

Où se placent les candidats

Réguler fort : taxer les géants, interdire les réseaux aux mineurs

  • Jean-Luc Mélenchon : Souveraineté numérique contre les GAFAM, interdiction de la reconnaissance faciale dans l'espace public et refus de la censure privée des plateformes.
  • Marine Tondelier : Veut interdire les écrans à l'école avant six ans, réguler l'addictivité des plateformes et encadrer strictement l'implantation des centres de données.
  • Olivier Faure : Porter la taxe sur les services numériques dite « taxe GAFAM » à 10 %, interdire les techniques fabriquant une dépendance aux réseaux sociaux et limiter strictement la publicité ciblée.
  • Gabriel Attal : Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, en faisant porter sur les plateformes l'obligation de vérifier l'âge (janvier 2026).

Encadrer l'IA et les plateformes, protéger les données

  • François Ruffin : A voté contre la vidéosurveillance algorithmique des JO 2024 (23 mars 2023).
  • Delphine Batho : Questionne les centres de données et les écrans publicitaires au nom de la sobriété énergétique.
  • Fabien Roussel : Interdire la reconnaissance faciale à des fins sécuritaires dans l'espace public.
  • Bernard Cazeneuve : Propose de transformer l'INESIA en autorité contraignante évaluant les IA les plus puissantes avant leur déploiement, un droit de recours à l'intelligence humaine et l'hébergement des données des Français en Europe (Lettre aux Français, juillet 2026).
  • Dominique de Villepin : Veut inscrire des « droits cognitifs inaliénables » dans la Constitution, créer un droit à l'effacement des données des mineurs et maintenir les régulations européennes sur l'IA et les plateformes (février 2026).
  • Édouard Philippe : Comme Premier ministre, loi contre la haine en ligne pour « tenir pour responsables ceux qui se prétendent non responsables » (2019) et lancement de l'identité numérique Alicem par reconnaissance faciale.
  • Nicolas Dupont-Aignan : Veut créer une Agence nationale de l'éthique et de la sécurité des IA, encadrer strictement les transferts de données hors de France et imposer une supervision humaine des décisions médicales et judiciaires assistées par IA.

Appliquer les règles européennes, ni plus ni moins

Alléger les règles pour faire émerger des champions

  • Karim Bouamrane : Veut que la France garde la maîtrise de l'intelligence artificielle.
  • Jordan Bardella : Dénonce la « mise au pas des réseaux sociaux » voulue par les macronistes, « prêts à piétiner la démocratie » (2026), et veut développer la reconnaissance faciale.

Accélérer à fond, le moins de contraintes possible

  • Éric Zemmour : Veut réserver l’électricité nucléaire aux infrastructures d’intelligence artificielle et faciliter la création d’entreprises, au nom d’un pays qui « manque son siècle ».

Présidentielle 2027

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