Attal à Philippe : « La France n'a pas une minute à perdre »

Édouard Philippe avait dit souhaiter un système où le président élu en mai ne prendrait ses fonctions qu'en septembre. Gabriel Attal lui a répondu qu'il agirait dès le premier jour sur l'économie, l'école et l'agriculture. Philippe a dénoncé une polémique montée « à partir de phrases tronquées » et parlé d'« une semaine, deux semaines » de repos.

Dans un podcast publié le 7 septembre avec l'entrepreneuse Pauline Laigneau, Édouard Philippe a évoqué le calendrier après l'élection : « Si on refaisait les choses aujourd'hui, j'adorerais un système dans lequel le président est élu en mai et il prend ses fonctions en septembre ». Le président aurait ainsi « le temps de se reposer, de décompresser après une élection présidentielle qui est hyper usante », de consulter et de former ses équipes.

Il a précisé : « Je ne dis pas qu'il doit prendre trois mois de vacances, mais franchement, une semaine, deux semaines, ça ne fait pas de mal ». Les critiques ont suivi. Le député LFI Hadrien Clouet a parlé de « la paresse au pouvoir », et le député RN Sébastien Chenu l'a aussi attaqué.

Le 10 septembre, Édouard Philippe a répondu en dénonçant « des polémiques à partir de phrases tronquées ». Selon lui, ses propos ont été coupés pour leur faire dire l'inverse.

Gabriel Attal a pris le contre-pied à l'événement agricole Terre de Jim : « La France n'a pas une minute à perdre ». Il promet d'agir dès le premier jour sur l'économie, l'école et l'agriculture, en rappelant que d'autres puissances comme la Chine et les États-Unis réforment et investissent.

Sources

CNews, « La France n'a pas une minute à perdre », 11 septembre 2026 · franceinfo, réponse d'Édouard Philippe, 11 septembre 2026 · Epoch Times, « La France n'a pas une minute à perdre » : Attal se démarque de Philippe, 12 septembre 2026

Leurs positions : institutions

Faut-il changer la République ?

  • Gabriel Attal : Quelques ajustements

    Pas de réforme institutionnelle majeure au programme.

  • Édouard Philippe : Garder la Ve, la stabiliser

    Défend la stabilité de la Ve République.

Le sujet en bref

La Ve République a 68 ans et son fonctionnement est régulièrement remis en question. Certains candidats veulent une VIe République avec assemblée constituante, d'autres la proportionnelle et des référendums citoyens, d'autres de simples ajustements. Une partie souhaite stabiliser la Ve ou renforcer le pouvoir de l'exécutif.

Les chiffres clés

  • Recours au 49.3 : 23 engagements de responsabilité sous la 16e législature (gouvernement Borne) (2022 à 2024, source)
  • Motions de censure : 23 motions de censure et 8 engagements de responsabilité (49.3) (17e législature, depuis juillet 2024, source)
  • Budget 2026 par 49.3 : trois recours au 49.3, le dernier le 30 janvier 2026, après une loi spéciale promulguée le 26 décembre 2025 faute de budget voté à temps (janvier et février 2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La Constitution du 4 octobre 1958 organise un régime semi-présidentiel : président élu pour cinq ans (quinquennat depuis 2000), Premier ministre responsable devant l'Assemblée nationale, article 49.3 permettant de faire adopter un texte sans vote sauf motion de censure (limité depuis 2008 aux textes budgétaires plus un texte par session). Les députés sont élus au scrutin majoritaire à deux tours, sans proportionnelle. Le référendum d'initiative partagée (article 11, révision de 2008) n'a jamais abouti à une consultation, et le dernier référendum national date de 2005.

Ce qui a changé depuis 2022

Sans majorité absolue après les législatives de juin 2022, le gouvernement Borne a utilisé 23 fois le 49.3, notamment pour les budgets et la réforme des retraites de 2023. Le président a dissous l'Assemblée le 9 juin 2024 ; les législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 ont produit une Assemblée sans majorité. Le gouvernement Barnier a été censuré le 4 décembre 2024 (première censure depuis 1962), le gouvernement Bayrou a perdu un vote de confiance le 8 septembre 2025, puis Sébastien Lecornu a été nommé, a démissionné et a été renommé le 10 octobre 2025 ; le budget 2026 a de nouveau été adopté par 49.3 en février 2026.

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