Budget : Faure voit venir la censure, Glucksmann veut taxer les superprofits
Olivier Faure dit ne pas voir « ce qui pourrait conduire vers une autre décision que la censure » du budget Lecornu, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre. Raphaël Glucksmann accuse le gouvernement de ne pas vouloir « heurter Monsieur Pouyanné et Total » et veut tripler le chèque carburant, payé par une taxe sur les superprofits. Les deux favoris de la primaire socialiste se placent ainsi contre le budget avant le débat.
Interrogé par Politis sur le budget du gouvernement Lecornu, Olivier Faure a déclaré : « Je ne vois pas ce qui pourrait conduire vers une autre décision que la censure ». Il laisse une petite porte ouverte, car le projet complet ne sera présenté que le 1er octobre. Mais il estime que « le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aucune volonté de compromis ne s'est manifestée ».
Pour le premier secrétaire du PS, la dette vient en partie des baisses d'impôts accordées aux entreprises, plus de 60 milliards d'euros par an depuis dix ans selon lui. Il veut taxer davantage les héritages, alors que 9 000 milliards d'euros doivent être transmis d'ici 2040, et mieux contrôler les 211 milliards d'aides annuelles aux entreprises. Il défend aussi une règle : un euro versé aux salariés pour chaque euro de dividende.
Le même jour sur franceinfo, Raphaël Glucksmann a accusé le gouvernement de protéger TotalEnergies face à la hausse des prix à la pompe : « Le gouvernement français ne veut pas heurter Monsieur Pouyanné et Total ». Il propose de tripler le chèque carburant, jusqu'à 500 euros, de l'ouvrir aux classes moyennes et de le financer par une taxe sur les superprofits des pétroliers. Il veut aussi taxer les très gros héritages, au-delà de 2 millions d'euros.
Raphaël Glucksmann reproche à la France de bloquer une taxe européenne sur les superprofits des groupes fossiles, soutenue selon lui par l'Espagne et l'Allemagne. « On doit apporter une réponse à ces travailleurs qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois », a-t-il dit.
Face à la flambée du carburant, veut « multiplier par trois » le chèque carburant, payé par une « taxation des superprofits » (21 septembre 2026). Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.
Olivier Faure : Impôt lourd sur les grandes fortunes
Instaurer la taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, créer un impôt sur les grandes successions et supprimer la « flat tax ». Source
Défend la taxation des ultra-riches et des multinationales, dont l'impôt plancher européen.
Le sujet en bref
La France a remplacé l'ISF par l'IFI en 2018, limité à l'immobilier. Le sujet divise sur la taxation des hauts patrimoines et du capital : rétablir un impôt sur la fortune, créer une taxe sur les très grandes fortunes, ne rien changer, ou au contraire alléger encore la fiscalité du capital et les impôts de production des entreprises.
Les chiffres clés
Foyers redevables de l'IFI : environ 193 600 (2025, source)
Recettes de l'IFI : 2,3 milliards d'euros, en hausse de 8 % (2025, source)
Flat tax sur les revenus du capital : 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) (1er janvier 2026, source)
Taux de prélèvements obligatoires : 43,6 % du PIB (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Depuis 2018, l'ISF est remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui ne taxe que le patrimoine immobilier net au-dessus de 1,3 million d'euros. Les revenus du capital sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026 avec la hausse de la CSG. Les successions restent taxées selon un barème progressif avec un abattement de 100 000 euros par enfant.
Ce qui a changé depuis 2022
Le débat s'est déplacé vers les très hauts patrimoines. La « taxe Zucman », un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, a été votée par l'Assemblée en février 2025 puis rejetée par le Sénat en juin, et de nouveau écartée lors du budget 2026 le 31 octobre 2025. Les budgets 2025 et 2026 ont introduit des contributions temporaires sur les très hauts revenus et les grandes entreprises, sans rétablir l'ISF.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.