Édouard Philippe débat avec François Hollande à Sens
Les deux hommes se sont retrouvés sur scène à l'université de rentrée du Laboratoire de la République. Ils sont d'accord sur l'ampleur de l'effort budgétaire à fournir, mais pas sur la méthode : Hollande veut lever plus d'impôts, Philippe veut tenir la dépense sociale. Tous deux appellent à se méfier du RN et de LFI.
Le 29 août 2026, Édouard Philippe et François Hollande ont débattu sur scène à Sens, à l'université de rentrée du Laboratoire de la République, un think-tank fondé par Jean-Michel Blanquer. C'était leur deuxième confrontation publique, après un premier débat organisé en avril par le think-tank Les Gracques.
Les deux hommes s'accordent sur l'ampleur de l'effort budgétaire à fournir : Philippe évoque « le lent étouffement ou le choc brutal », Hollande juge que « ce n'est pas un problème de gauche ou de droite ». Ils divergent en revanche sur la méthode.
Hollande défend une hausse des prélèvements sur les plus aisés, estimant qu'« une augmentation des prélèvements » sera nécessaire après une décennie de baisses qu'il juge injustifiées. Philippe rejette ce débat classique et plaide pour réduire la dépense, notamment sociale, en mettant en avant l'intérêt des actifs et des jeunes.
Philippe a aussi reproché à Hollande sa coopération avec la gauche radicale après la dissolution de 2024, qu'il juge en contradiction avec son discours anti-extrêmes ; Hollande a défendu le « front républicain ». Le débat, modéré par Darius Rochebin, excluait volontairement le RN et LFI de ce forum.
Le plus explicite sur l'effort : réduction franche de la dépense publique pour désendetter.
Le sujet en bref
La dépense publique française représente environ 57 % du PIB, l'un des niveaux les plus élevés d'Europe. Le débat porte sur son volume : certains candidats veulent dépenser davantage pour les services publics, quitte à emprunter, d'autres veulent la réduire fortement pour baisser les impôts et le déficit. Entre les deux, plusieurs défendent le niveau actuel.
Déficit public : 152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB) (2025, source)
Prélèvements obligatoires : 43,6 % du PIB (2025, source)
Premier poste de dépense : Protection sociale : 693 milliards d'euros (41 %) (2024, source)
Dépense publique totale : 1 714,1 milliards d'euros (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le budget de l'État est voté chaque année dans la loi de finances, celui de la Sécurité sociale dans la loi de financement de la Sécurité sociale. La France est sous procédure européenne pour déficit excessif depuis juillet 2024 et doit ramener son déficit sous 3 % du PIB d'ici 2029. La Cour des comptes juge en février 2026 que la baisse du déficit reste trop lente pour stabiliser la dette.
Ce qui a changé depuis 2022
Après le « quoi qu'il en coûte » du Covid et les boucliers tarifaires sur l'énergie de 2022 et 2023, le déficit a dérapé à 5,8 % du PIB en 2024. Le budget 2025 n'a été adopté qu'en février 2025 après la censure du gouvernement Barnier. Le budget 2026 a combiné hausses de prélèvements et gel de certaines dépenses, et la dépense publique a ralenti à +2,5 % en 2025.
Priorité à la baisse des impôts de production et à la stabilité fiscale.
Le sujet en bref
La France a remplacé l'ISF par l'IFI en 2018, limité à l'immobilier. Le sujet divise sur la taxation des hauts patrimoines et du capital : rétablir un impôt sur la fortune, créer une taxe sur les très grandes fortunes, ne rien changer, ou au contraire alléger encore la fiscalité du capital et les impôts de production des entreprises.
Les chiffres clés
Foyers redevables de l'IFI : environ 193 600 (2025, source)
Recettes de l'IFI : 2,3 milliards d'euros, en hausse de 8 % (2025, source)
Flat tax sur les revenus du capital : 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) (1er janvier 2026, source)
Taux de prélèvements obligatoires : 43,6 % du PIB (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Depuis 2018, l'ISF est remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui ne taxe que le patrimoine immobilier net au-dessus de 1,3 million d'euros. Les revenus du capital sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026 avec la hausse de la CSG. Les successions restent taxées selon un barème progressif avec un abattement de 100 000 euros par enfant.
Ce qui a changé depuis 2022
Le débat s'est déplacé vers les très hauts patrimoines. La « taxe Zucman », un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, a été votée par l'Assemblée en février 2025 puis rejetée par le Sénat en juin, et de nouveau écartée lors du budget 2026 le 31 octobre 2025. Les budgets 2025 et 2026 ont introduit des contributions temporaires sur les très hauts revenus et les grandes entreprises, sans rétablir l'ISF.