Édouard Philippe dévoile ses retraites : 65 ans et 45 annuités
Le 29 septembre, Édouard Philippe propose l'âge légal à 65 ans en moins de 10 ans, avec 45 années de cotisation et une part de capitalisation. Gabriel Attal veut au contraire supprimer l'âge légal. Philippe assume que ce n'est pas populaire.
Le 29 septembre, Édouard Philippe a présenté son projet pour les retraites. Selon Public Sénat, le candidat Horizons propose de porter l'âge légal à 65 ans en moins de 10 ans, avec 45 années de cotisation. Il ne repart pas de zéro : il reprend d'abord la réforme de 2023 (64 ans, 43 annuités), puis va plus loin.
Édouard Philippe promet que « un Français sur trois » pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans. Les règles actuelles restent pour les personnes handicapées (55 ans), en incapacité permanente (60 ans) et invalides (62 ans). Le système reste fondé sur la répartition, avec en plus un « volet capitalisation » pour que les salariés se constituent une épargne-retraite.
Il s'oppose à Gabriel Attal, qui veut supprimer l'âge légal et compter seulement la durée de cotisation. Le JDD rappelle aussi la position de Bruno Retailleau : 63 ans au minimum, taux plein à 65 ans, lié à l'espérance de vie. Philippe juge cette suppression financièrement intenable.
Le choix est risqué. Philippe reconnaît dans Libération que « ce n'est pas comme ça qu'on gagne des points dans les sondages ». Il fait de la réforme un marqueur de sa campagne, sept mois avant le scrutin. Il doit la détailler le 8 octobre dans L'Heure de vérité sur France 2.
« L'âge minimal de départ, c'est 63 ans », avec une décote, un taux plein automatique à 65 ans qui suivra l'espérance de vie, et de la capitalisation pour « 25 à 30% des retraites des jeunes » (LCI, 22 septembre 2026). Source
Le sujet en bref
La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.
Les chiffres clés
Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.