Glucksmann traite le RN de « parti de la soumission à Poutine »
À la foire de Châlons, le candidat de Place publique a répondu au vice-président du RN Louis Aliot, qui voulait « couper » l'aide à l'Ukraine. Il décrit un RN « qui se dit nationaliste, souverainiste et patriote, mais qui agit dans l'intérêt de la Russie de Vladimir Poutine ». L'Ukraine est la ligne de fracture qu'il veut installer face à Marine Le Pen.
Le 3 septembre, sur BFMTV, le vice-président du RN Louis Aliot a suggéré de « couper le robinet » de l'aide à l'Ukraine, s'interrogeant sur qui paie cette aide alors que, selon lui, la santé et l'éducation manquent déjà de moyens en France.
Le 5 septembre, à la foire de Châlons-en-Champagne, Raphaël Glucksmann lui a répondu. Il a qualifié les cadres du RN de « patriotes de pacotille » et a déclaré : « Nous avons face à nous en réalité un parti qui se dit nationaliste, souverainiste et patriote, mais qui agit dans l'intérêt de la Russie de Vladimir Poutine, des États-Unis de Donald Trump ou du Parti communiste chinois. »
Il a averti que couper l'aide à l'Ukraine ouvrirait la voie à une guerre dans les pays baltes ou en Pologne, affirmant : « Nous sommes des cibles de la dictature de Vladimir Poutine. »
Cet échange s'inscrit dans la stratégie de Glucksmann, qui cherche à faire de la position du RN sur l'Ukraine une ligne de clivage de la campagne face à Marine Le Pen.
Soutien maximal à l'Ukraine et défense européenne : c'est le cœur de sa candidature.
Marine Le Pen : Prendre ses distances avec Washington
Distance avec l'OTAN et Washington, hostilité aux sanctions qui « pénalisent les Français ».
Le sujet en bref
Guerre en Ukraine, relation avec les États-Unis, OTAN, réarmement : la défense et les alliances pèsent dans la campagne. Les candidats vont du non-alignement et de la sortie de l'OTAN à un atlantisme assumé avec réarmement fort, en passant par la continuité, une défense européenne renforcée et le soutien à l'Ukraine.
Les chiffres clés
Budget de la défense : 57,15 milliards d'euros pour la mission Défense hors pensions, 68,4 milliards pour le ministère (+6,7 milliards sur un an) (projet de loi de finances 2026, source)
Loi de programmation militaire 2024-2030 : 413 milliards d'euros, plus 36 milliards ajoutés pour 2026-2030 (2025, source)
Soutien à l'Ukraine dans la LPM : 1,2 milliard d'euros de financement interministériel prévu par la loi de programmation militaire (LPM 2024-2030, source)
Objectif OTAN : 3,5 % du PIB en 2035, soit environ 140 milliards d'euros (sommet de 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros, un tiers de plus que la précédente, actualisée en 2025 avec 36 milliards supplémentaires. La France est membre du commandement intégré de l'OTAN depuis 2009 et s'est engagée avec ses alliés sur 3,5 % du PIB de dépenses militaires en 2035. La dissuasion nucléaire reste le socle de la doctrine.
Ce qui a changé depuis 2022
L'invasion de l'Ukraine a fait passer la France en « économie de guerre » : commandes de munitions et de canons Caesar, aide militaire de plusieurs milliards, envoi d'instructeurs. Le retour de Donald Trump en 2025 et son désengagement d'Europe ont poussé Paris à proposer un débat sur la dissuasion élargie. Le budget des armées augmente chaque année depuis 2024, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros entre 2025 et 2026.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.