Le conseiller économique de Bardella quitte la campagne de Le Pen
François Durvye, conseiller spécial de Jordan Bardella, ne fera pas la campagne présidentielle. Le désaccord porte sur les retraites : il voulait supprimer la référence à l'âge de départ, Marine Le Pen tient à rétablir un âge minimal à 62 ans. Ce départ met à nu les deux lignes économiques du RN, un Bardella plus libéral et une Le Pen plus étatiste.
Le 27 août, François Durvye, conseiller spécial de Jordan Bardella et l'un des artisans de la réforme des retraites de 2022, a annoncé son départ. Il ne participera pas à la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
Le désaccord porte sur l'âge de départ à la retraite. Durvye voulait supprimer toute référence à un âge minimal dans le projet du RN, alors que Marine Le Pen tient à rétablir un départ à 62 ans, voire 60 ans pour les carrières longues entamées avant 20 ans.
Ce départ survient le jour où Marine Le Pen défendait sa réforme devant le Medef, affirmant : « Le taux d'emploi en France est trop bas » pour justifier un simple allongement de la durée de cotisation. Durvye, plus proche des positions économiques libérales de Bardella, servait jusque-là de lien entre le RN et le monde de l'entreprise.
Cet épisode met au jour deux lignes économiques rivales au sein du RN : celle, plus libérale, de Bardella, et celle, plus étatiste et sociale, de Marine Le Pen. Des proches du parti ont toutefois démenti tout conflit de pouvoir entre les deux dirigeants, évoquant plutôt un désaccord de personnes.
Défend le retour à 60 ans pour les carrières longues, 62 ans sinon.
Le sujet en bref
La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.
Les chiffres clés
Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.