Le Pen couperait l'aide financière à l'Ukraine après six mois, ses rivaux dénoncent une « trahison »
Le 14 octobre, Marine Le Pen annonce qu'élue, elle arrêterait l'aide financière à l'Ukraine après six mois, faute de moyens. Philippe parle de « trahison », Glucksmann de « capitulation », Attal l'accuse de vouloir « laisser les Ukrainiens se faire trucider ».
Le 14 octobre, à Bruxelles, Marine Le Pen a dit à la télévision flamande VRT ce qu'elle ferait de l'aide à l'Ukraine si elle était élue. « À partir de mon élection, durant six mois, nous maintiendrons les aides (...) pour ne mettre personne au pied du mur. Mais après, nous cesserons l'aide financière à l'Ukraine car nous n'avons plus les moyens de le faire. » Elle justifie ce choix par la situation budgétaire : « la France est au bord du défaut ».
Le lendemain, sur CNews et Europe 1, elle chiffre cette aide à « six milliards d'euros par an » et promet de « continuer à apporter notre aide militaire, éventuellement du matériel ». Elle dit n'avoir « rien à titre personnel contre M. Zelensky », qui lui reproche de ne pas maîtriser « certains détails ».
Ses rivaux réagissent dans la semaine. Édouard Philippe parle de « trahison », Raphaël Glucksmann de « capitulation, soumission ». Le 15 octobre, sur franceinfo, Gabriel Attal accuse le RN d'avoir « toujours défendu les intérêts de la Russie » et de vouloir « laisser les Ukrainiens se faire trucider ».
Marine Le Pen : Prendre ses distances avec Washington
Distance avec l'OTAN et Washington, hostilité aux sanctions qui « pénalisent les Français ». Arrêt de l'aide financière à l'Ukraine six mois après son élection : « Nous cesserons l'aide financière à l'Ukraine car nous n'avons plus les moyens de le faire » (VRT, 14 octobre 2026). Source
Juge que l'aide à l'Ukraine sert l'intérêt français mais « je ne veux pas la guerre avec la Russie », et voit toujours les États-Unis comme un allié malgré la « brutalité extrême » de Trump (8 octobre 2026). Source
Veut « faire payer à la Russie le coût de sa guerre contre l'Ukraine en saisissant les avoirs russes gelés » (RTL, 25 septembre 2026). Source
Le sujet en bref
Guerre en Ukraine, relation avec les États-Unis, OTAN, réarmement : la défense et les alliances pèsent dans la campagne. Les candidats vont du non-alignement et de la sortie de l'OTAN à un atlantisme assumé avec réarmement fort, en passant par la continuité, une défense européenne renforcée et le soutien à l'Ukraine.
Les chiffres clés
Budget de la défense : 57,15 milliards d'euros pour la mission Défense hors pensions, 68,4 milliards pour le ministère (+6,7 milliards sur un an) (projet de loi de finances 2026, source)
Loi de programmation militaire 2024-2030 : 413 milliards d'euros, plus 36 milliards ajoutés pour 2026-2030 (2025, source)
Soutien à l'Ukraine dans la LPM : 1,2 milliard d'euros de financement interministériel prévu par la loi de programmation militaire (LPM 2024-2030, source)
Objectif OTAN : 3,5 % du PIB en 2035, soit environ 140 milliards d'euros (sommet de 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros, un tiers de plus que la précédente, actualisée en 2025 avec 36 milliards supplémentaires. La France est membre du commandement intégré de l'OTAN depuis 2009 et s'est engagée avec ses alliés sur 3,5 % du PIB de dépenses militaires en 2035. La dissuasion nucléaire reste le socle de la doctrine.
Ce qui a changé depuis 2022
L'invasion de l'Ukraine a fait passer la France en « économie de guerre » : commandes de munitions et de canons Caesar, aide militaire de plusieurs milliards, envoi d'instructeurs. Le retour de Donald Trump en 2025 et son désengagement d'Europe ont poussé Paris à proposer un débat sur la dissuasion élargie. Le budget des armées augmente chaque année depuis 2024, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros entre 2025 et 2026.
DébatDébat LCI avec les Restos du Cœur, « Quelle société pour demain ? »À 20h40 sur LCI, dans un entrepôt des Restos du Cœur. Solidarité, pouvoir d'achat et précarité. Édouard Philippe absent, au conseil municipal du Havre selon son entourage.