Mélenchon attaque Philippe sur les arrêts maladie

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon dénonce les propos d'Édouard Philippe sur « l'open bar sur les arrêts de travail ». Il l'accuse de vouloir « reculer toujours l'âge de la retraite et, en même temps, (...) que les salariés ne soient jamais malades ». Les deux hommes, au coude à coude dans les sondages pour le second tour, se prennent désormais pour cible.

Le 19 septembre, Jean-Luc Mélenchon a publié sur son blog un texte contre Édouard Philippe. Il revient sur une phrase prononcée par le candidat Horizons le 27 août, devant des chefs d'entreprise réunis à Roland-Garros : mettre fin à « l'open bar sur les arrêts de travail ».

Pour Mélenchon, les salariés français ne sont pas à part. Il avance 14 jours d'arrêt maladie par an en moyenne en France, contre 25 en Allemagne. Il reconnaît une hausse de 25 % depuis le Covid, qu'il lie surtout au vieillissement des salariés. Il y voit « un paradoxe à vouloir reculer toujours l'âge de la retraite et, en même temps, à vouloir que les salariés ne soient jamais malades ».

Il critique deux mesures qu'il prête à Édouard Philippe : deux jours de carence « d'ordre public », sans salaire maintenu, et l'interdiction d'une rupture conventionnelle après un long arrêt maladie. À la place, il propose de rétablir les CHSCT, la visite médicale d'embauche et d'augmenter le nombre d'inspecteurs du travail.

Sources

Jean-Luc Mélenchon, « Édouard Philippe, l'open bar des réactionnaires contre les salariés », 19 septembre 2026

Leurs positions : travail et aides

Faut-il durcir ou adoucir les règles du travail ?

  • Jean-Luc Mélenchon : Réduire le temps de travail, aller vers 32 heures

    SMIC à 1 600 € net et objectif de réduction du temps de travail (L'Avenir en commun).

  • Édouard Philippe : Durcir l'assurance chômage, travailler plus

    Veut allonger la durée du travail : c'est l'axe central de son discours économique.

Le sujet en bref

Le sujet couvre le temps de travail, les droits des salariés, le RSA et l'assurance chômage. Les candidats se séparent entre ceux qui veulent réduire la durée du travail et renforcer les protections, ceux qui veulent conditionner les aides à une activité et durcir les règles du chômage, et ceux qui gardent le cadre actuel.

Les chiffres clés

  • Taux de chômage : 8,3 % (2,7 millions de chômeurs) (2e trimestre 2026, source)
  • SMIC brut mensuel : 1 867,02 euros (12,31 euros de l'heure) (2026, arrêté du 22 mai 2026, source)
  • Foyers au RSA : 1,84 million (décembre 2025, source)
  • Activité demandée aux allocataires du RSA : 15 heures par semaine (depuis le 1er janvier 2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi « pour le plein emploi » du 18 décembre 2023 a transformé Pôle emploi en France Travail et inscrit automatiquement les allocataires du RSA, qui signent un contrat d'engagement avec un objectif de 15 heures d'activité par semaine depuis le 1er janvier 2025. L'assurance chômage est régie par la convention signée fin 2024, avec des règles qui se durcissent quand le chômage baisse et s'assouplissent quand il monte. Le SMIC est revalorisé automatiquement selon l'inflation.

Ce qui a changé depuis 2022

Le chômage est remonté de 7,1 % début 2023 à 8,3 % mi 2026, son plus haut niveau depuis 2020. Les règles de l'assurance chômage ont été durcies en 2023 (durée d'indemnisation réduite de 25 % quand le chômage est sous 9 %). Le RSA sous condition d'activité, testé dans 18 départements en 2023, a été généralisé en 2025.

Tous les candidats : travail et aides

Leurs positions : santé

Comment soigner le système de santé ?

  • Jean-Luc Mélenchon : Grand service public, fin du privé lucratif

    Veut reconstruire l'hôpital public et déconventionner la finance de la santé.

  • Édouard Philippe : Ouvrir davantage au privé

    Position estimée, pas encore justifiée par une source.

Le sujet en bref

Hôpitaux sous tension, déserts médicaux, dépassements d'honoraires : le système de santé est au coeur de la campagne. Les positions vont d'un grand service public excluant le privé lucratif à une ouverture plus large au secteur privé et aux complémentaires, en passant par plus de moyens pour l'hôpital ou la poursuite des réformes en cours.

Les chiffres clés

  • Dépense courante de santé : 333 milliards d'euros (2024, source)
  • Objectif de dépenses (ONDAM) : 270,4 milliards d'euros (+1,6 %) (2026, source)
  • Médecins en activité : 237 214, dont 100 019 généralistes (1er janvier 2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

L'installation des médecins libéraux reste libre : la proposition de loi Garot, qui la soumettrait à une autorisation de l'ARS, a été votée à l'Assemblée le 7 mai 2025 mais n'a pas achevé son parcours au Sénat. Le numerus clausus a été supprimé en 2020 au profit d'objectifs fixés par les universités, sans effet sur la démographie médicale avant 2030 environ. Chaque année, la loi de financement de la Sécurité sociale fixe l'ONDAM, 270,4 milliards d'euros en 2026.

Ce qui a changé depuis 2022

Le Ségur de la santé (2020) a revalorisé les salaires hospitaliers, mais la crise des urgences et des lits fermés s'est poursuivie. Depuis 2023, les infirmiers et pharmaciens ont obtenu de nouvelles compétences (prescription, vaccination) et la « quatrième année » d'internat de médecine générale a été créée. Les franchises médicales ont doublé en 2024 et le débat sur la régulation de l'installation a divisé l'Assemblée en 2025.

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