Philippe propose une « politique de sécurité climatique »
Édouard Philippe place l'adaptation au climat au centre de son écologie : un fonds de 2 milliards d'euros par an et un « Canadair français » contre les incendies. Il parle de protéger contre les effets du réchauffement plus que de baisser les émissions.
Le 17 septembre 2026, aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), Édouard Philippe a présenté sa volonté de « doter la France d'une véritable politique de sécurité climatique ». Il intervenait après un été marqué par des événements climatiques extrêmes et des incendies. Pour lui, « le défi de l'adaptation » au changement climatique « sera d'une ampleur inédite ».
Il propose un « fonds unique d'adaptation au changement climatique » doté de 2 milliards d'euros par an. Il veut produire un « Canadair français » pendant le prochain quinquennat et créer une « journée nationale d'alerte ». Il annonce aussi trois chantiers : un plan natation, un plan d'adaptation des infrastructures et un plan montagne.
Son message central : « Nous ne choisirons pas le climat de 2050, il s'imposera à nous. Mais nous pouvons choisir la France qui y fera face ». Le discours porte sur l'adaptation aux effets du réchauffement plutôt que sur la baisse des émissions.
Il s'est placé face à ses adversaires, critiquant le « climatoscepticisme » de Marine Le Pen et le « dogme anticapitaliste » de Jean-Luc Mélenchon. Le même jour, Marine Le Pen se rendait au Porge, en Gironde, et il a lancé : « Je vois bien que certains essaient de s'acheter un brevet d'écologie en se faisant prendre en photo auprès de populations traumatisées par les feux de cet été ».
Une « politique de sécurité climatique » tournée vers l'adaptation, 2 milliards d'euros par an, et « on ne réussira pas l'adaptation climatique sans l'économie de marché ». Source
Le sujet en bref
La France s'est engagée à réduire ses émissions de 55 % d'ici 2030. Le débat porte sur l'effort à fournir : planification écologique contraignante, investissement massif dans la transition, poursuite de la trajectoire actuelle, rythme plus lent pour ne pas pénaliser les ménages, ou allègement des normes au nom d'autres priorités.
Les chiffres clés
Émissions de gaz à effet de serre : 363,7 Mt CO2e, en baisse de 1,5 % (2025, source)
Rythme nécessaire pour 2030 : environ -5 % par an (2025, source)
Objectif SNBC 3 : -50 % d'émissions brutes en 2030 par rapport à 1990 (2026, source)
Part de l'électricité bas carbone : plus de 95 % de la production (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi énergie-climat de 2019 fixe la neutralité carbone en 2050 et la loi Climat et résilience de 2021 en décline les mesures (rénovation, ZFE, artificialisation). La troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) vise -50 % d'émissions en 2030 par rapport à 1990. Le Haut Conseil pour le climat, dans son rapport 2026, juge le rythme de baisse insuffisant.
Ce qui a changé depuis 2022
Un secrétariat général à la planification écologique a été créé en 2022 et un plan d'adaptation adopté en 2025. Les émissions ont baissé de 5,8 % en 2023 puis beaucoup plus lentement en 2024 et 2025. Plusieurs mesures ont été assouplies ou reportées sous la pression des agriculteurs et des automobilistes : ZFE, zéro artificialisation nette, pesticides avec la loi Duplomb.