Référendum par l'article 11 : Richard Ferrand dit non, le RN réclame son départ

Le 13 octobre, l'AFP relaie les propos du président du Conseil constitutionnel : réformer la Constitution par l'article 11, comme le veut Marine Le Pen pour sa politique migratoire, « ça n'existe pas ». Bardella réplique, Le Pen réclame son départ, et des députés RN et UDR saisissent le Conseil le 16 octobre.

Par la rédaction de QuiVoter 2027 · sources citées en bas de page

Marine Le Pen veut réviser la Constitution par référendum, en passant par l'article 11, pour mettre en place la préférence nationale et sa politique migratoire : fin du droit du sol, fin du regroupement familial, priorité nationale pour les aides sociales. Dans un podcast du Club des juristes, relayé par l'AFP le 13 octobre, le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, a fermé cette porte : « Vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. L'article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. »

Quelques semaines plus tôt, Marine Le Pen avait affirmé que « le Conseil constitutionnel n'est pas un contre-pouvoir au peuple » et que « si les Français décident de modifier leur Constitution, personne ne peut les empêcher ». Jordan Bardella a répliqué : « Quand on est à la tête du Conseil constitutionnel, on n'est pas un chef de clan socialiste. » Marine Le Pen a ensuite demandé la démission de Richard Ferrand.

Le 16 octobre, des députés RN et UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour réclamer la « démission d'office » de son président. Des juristes contestent ce recours. L'affaire place la question du référendum, centrale dans le programme du RN, au coeur de la campagne.

Sources

AFP via Boursorama, Référendum : le président du Conseil constitutionnel s'oppose aux projets de Le Pen, colère au RN, 13 octobre 2026 · LCP, Le RN veut évincer Richard Ferrand : une requête au Conseil constitutionnel contestée par des juristes, octobre 2026

Leurs positions : institutions

Faut-il changer la République ?

  • Marine Le Pen : Proportionnelle et référendums citoyens

    Référendum d'initiative citoyenne et proportionnelle, dans un exécutif fort.

  • Jordan Bardella : Proportionnelle et référendums citoyens

    Proportionnelle et référendums, comme Le Pen.

Le sujet en bref

La Ve République a 68 ans et son fonctionnement est régulièrement remis en question. Certains candidats veulent une VIe République avec assemblée constituante, d'autres la proportionnelle et des référendums citoyens, d'autres de simples ajustements. Une partie souhaite stabiliser la Ve ou renforcer le pouvoir de l'exécutif.

Les chiffres clés

  • Recours au 49.3 : 23 engagements de responsabilité sous la 16e législature (gouvernement Borne) (2022 à 2024, source)
  • Motions de censure : 23 motions de censure et 8 engagements de responsabilité (49.3) (17e législature, depuis juillet 2024, source)
  • Budget 2026 par 49.3 : trois recours au 49.3, le dernier le 30 janvier 2026, après une loi spéciale promulguée le 26 décembre 2025 faute de budget voté à temps (janvier et février 2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La Constitution du 4 octobre 1958 organise un régime semi-présidentiel : président élu pour cinq ans (quinquennat depuis 2000), Premier ministre responsable devant l'Assemblée nationale, article 49.3 permettant de faire adopter un texte sans vote sauf motion de censure (limité depuis 2008 aux textes budgétaires plus un texte par session). Les députés sont élus au scrutin majoritaire à deux tours, sans proportionnelle. Le référendum d'initiative partagée (article 11, révision de 2008) n'a jamais abouti à une consultation, et le dernier référendum national date de 2005.

Ce qui a changé depuis 2022

Sans majorité absolue après les législatives de juin 2022, le gouvernement Borne a utilisé 23 fois le 49.3, notamment pour les budgets et la réforme des retraites de 2023. Le président a dissous l'Assemblée le 9 juin 2024 ; les législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 ont produit une Assemblée sans majorité. Le gouvernement Barnier a été censuré le 4 décembre 2024 (première censure depuis 1962), le gouvernement Bayrou a perdu un vote de confiance le 8 septembre 2025, puis Sébastien Lecornu a été nommé, a démissionné et a été renommé le 10 octobre 2025 ; le budget 2026 a de nouveau été adopté par 49.3 en février 2026.

Tous les candidats : institutions

Leurs positions : immigration

Quelle politique migratoire ?

  • Marine Le Pen : Immigration quasi nulle, préférence nationale

    Priorité nationale, quasi-arrêt de l'immigration, référendum sur l'identité : le cœur du programme RN. Source

  • Jordan Bardella : Immigration quasi nulle, préférence nationale

    Priorité nationale inscrite dans la loi, arrêt du regroupement familial : programme RN.

Le sujet en bref

L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.

Les chiffres clés

  • Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
  • Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
  • Éloignements et départs volontaires : 32 379 (+15,7 %) (2025, source)
  • Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.

Ce qui a changé depuis 2022

Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.

Tous les candidats : immigration

Leurs prochains rendez-vous

Comparer, position par position

Sur les mêmes candidats

Toute l'actualité de la course
Audible : livres audio en français. Essai gratuit.

Présidentielle 2027

Et vous, de qui êtes-vous le plus proche ?

6 minutes, gratuit, sans compte. Vos réponses restent chez vous.

Faire le test