Référendum par l'article 11 : Richard Ferrand dit non, le RN réclame son départ
Le 13 octobre, l'AFP relaie les propos du président du Conseil constitutionnel : réformer la Constitution par l'article 11, comme le veut Marine Le Pen pour sa politique migratoire, « ça n'existe pas ». Bardella réplique, Le Pen réclame son départ, et des députés RN et UDR saisissent le Conseil le 16 octobre.
Marine Le Pen veut réviser la Constitution par référendum, en passant par l'article 11, pour mettre en place la préférence nationale et sa politique migratoire : fin du droit du sol, fin du regroupement familial, priorité nationale pour les aides sociales. Dans un podcast du Club des juristes, relayé par l'AFP le 13 octobre, le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, a fermé cette porte : « Vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. L'article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. »
Quelques semaines plus tôt, Marine Le Pen avait affirmé que « le Conseil constitutionnel n'est pas un contre-pouvoir au peuple » et que « si les Français décident de modifier leur Constitution, personne ne peut les empêcher ». Jordan Bardella a répliqué : « Quand on est à la tête du Conseil constitutionnel, on n'est pas un chef de clan socialiste. » Marine Le Pen a ensuite demandé la démission de Richard Ferrand.
Le 16 octobre, des députés RN et UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour réclamer la « démission d'office » de son président. Des juristes contestent ce recours. L'affaire place la question du référendum, centrale dans le programme du RN, au coeur de la campagne.
La Ve République a 68 ans et son fonctionnement est régulièrement remis en question. Certains candidats veulent une VIe République avec assemblée constituante, d'autres la proportionnelle et des référendums citoyens, d'autres de simples ajustements. Une partie souhaite stabiliser la Ve ou renforcer le pouvoir de l'exécutif.
Les chiffres clés
Recours au 49.3 : 23 engagements de responsabilité sous la 16e législature (gouvernement Borne) (2022 à 2024, source)
Motions de censure : 23 motions de censure et 8 engagements de responsabilité (49.3) (17e législature, depuis juillet 2024, source)
Budget 2026 par 49.3 : trois recours au 49.3, le dernier le 30 janvier 2026, après une loi spéciale promulguée le 26 décembre 2025 faute de budget voté à temps (janvier et février 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La Constitution du 4 octobre 1958 organise un régime semi-présidentiel : président élu pour cinq ans (quinquennat depuis 2000), Premier ministre responsable devant l'Assemblée nationale, article 49.3 permettant de faire adopter un texte sans vote sauf motion de censure (limité depuis 2008 aux textes budgétaires plus un texte par session). Les députés sont élus au scrutin majoritaire à deux tours, sans proportionnelle. Le référendum d'initiative partagée (article 11, révision de 2008) n'a jamais abouti à une consultation, et le dernier référendum national date de 2005.
Ce qui a changé depuis 2022
Sans majorité absolue après les législatives de juin 2022, le gouvernement Borne a utilisé 23 fois le 49.3, notamment pour les budgets et la réforme des retraites de 2023. Le président a dissous l'Assemblée le 9 juin 2024 ; les législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 ont produit une Assemblée sans majorité. Le gouvernement Barnier a été censuré le 4 décembre 2024 (première censure depuis 1962), le gouvernement Bayrou a perdu un vote de confiance le 8 septembre 2025, puis Sébastien Lecornu a été nommé, a démissionné et a été renommé le 10 octobre 2025 ; le budget 2026 a de nouveau été adopté par 49.3 en février 2026.
Marine Le Pen : Immigration quasi nulle, préférence nationale
Priorité nationale, quasi-arrêt de l'immigration, référendum sur l'identité : le cœur du programme RN. Source
Jordan Bardella : Immigration quasi nulle, préférence nationale
Priorité nationale inscrite dans la loi, arrêt du regroupement familial : programme RN.
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.
DébatDébat LCI avec les Restos du Cœur, « Quelle société pour demain ? »À 20h40 sur LCI, dans un entrepôt des Restos du Cœur. Solidarité, pouvoir d'achat et précarité. Édouard Philippe absent, au conseil municipal du Havre selon son entourage.