Retailleau attaque Mélenchon sur la dette et le RN sur l'Ukraine
Pour sa rentrée devant les Jeunes Républicains, Bruno Retailleau a appelé Jean-Luc Mélenchon « le David Copperfield de la disparition de la dette » et le RN « le parti de la girouette ». Il a visé l'accord de Jordan Bardella avec Nigel Farage : il s'est étonné que « le parti qui se réclamait jadis de Jeanne d'Arc se soit vendu aux Anglais ». Il a aussi détaillé sa méthode : réviser la Constitution pour élargir le référendum, puis supprimer le droit du sol par ce biais.
Samedi 12 septembre, Bruno Retailleau était le dernier invité du campus d'été des Jeunes Républicains à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Il a visé Jean-Luc Mélenchon, qu'il a appelé « le David Copperfield de la disparition de la dette ». C'était une réponse à l'idée du candidat insoumis d'annuler une partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne.
Il a aussi critiqué « le RN, le parti de la girouette », en citant « le grand cafouillage sur l'Ukraine, sur la retraite, sur le voile aussi ». Sur l'accord de Jordan Bardella avec Nigel Farage, chef de Reform UK, sur l'immigration clandestine, il a lancé : « Qu'on me dise un jour que le parti qui se réclamait jadis de Jeanne d'Arc se soit vendu aux Anglais, franchement, franchement, je ne m'y attendais pas ».
Il a fermé la porte à un rapprochement avec Édouard Philippe et Gabriel Attal : « moi, je ne suis pas centriste ». Quelques jours plus tôt, sur CNews et Europe 1, il avait redit vouloir réviser la Constitution pour élargir le référendum à la politique migratoire et pénale. Il veut ainsi supprimer le droit du sol, une réforme que « les juges n'accepteraient pas » sans passer par le peuple selon lui.
Bruno Retailleau : Plan d'économies massif pour désendetter vite
Réduire la dépense par la réforme des retraites, le plafonnement des aides et la baisse des effectifs publics ; « le pouvoir d'achat doit venir de la création de richesse, pas de l'argent de l'État » (7 janvier 2026). Source
Exiger que la BCE transforme la dette publique qu'elle détient en dette perpétuelle à taux nul, audit citoyen pour identifier la part illégitime. Source
Le contre-budget 2026 du Rassemblement national ramène le déficit public à 107 milliards d'euros contre 143 dans le budget Lecornu, par des économies et non par une hausse générale des prélèvements (octobre 2025). Source
Le sujet en bref
La dette publique française dépasse 3 300 milliards d'euros, soit environ 113 % du PIB. Les candidats divergent sur la marche à suivre : annuler la part détenue par la Banque centrale, geler le remboursement pour investir, stabiliser sans plan de choc, réduire le déficit chaque année, ou lancer un plan d'économies massif.
Les chiffres clés
Dette publique : 3 460,5 milliards d'euros (115,6 % du PIB), après 112,6 % fin 2024 (fin 2025, source)
Déficit public : 152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB), après 5,8 % en 2024 (2025, source)
Charge d'intérêts : 64,7 milliards d'euros (2,2 % du PIB), +11,2 % sur un an (2025, source)
Dépenses et recettes publiques : 57,2 % du PIB de dépenses, 52,1 % de recettes, prélèvements obligatoires 43,6 % (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Les règles européennes réformées en avril 2024 imposent un plan budgétaire à moyen terme ; la France est en procédure pour déficit excessif depuis juillet 2024, avec un retour du déficit sous 3 % du PIB attendu en 2029. La dette au sens de Maastricht atteint 115,6 % du PIB fin 2025 et la charge d'intérêts, 64,7 milliards d'euros en 2025, est devenue l'un des premiers postes de dépense de l'État. Le budget 2026 a été adopté par 49.3 en février 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
Le déficit est passé de 4,7 % du PIB en 2022 à 5,4 % en 2023, 5,8 % en 2024 puis 5,1 % en 2025, alors que la dette passait de 111,4 % du PIB fin 2022 à 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB, fin 2025. Le Conseil de l'UE a ouvert une procédure pour déficit excessif en juillet 2024 et validé une trajectoire 2025-2029. La chute des gouvernements Barnier (décembre 2024) et Bayrou (septembre 2025) a retardé les budgets 2025 et 2026, adoptés avec de nouveaux impôts et des économies.
Propose de régulariser les travailleurs sans papiers et défend l'accueil, tout en parlant de « désordre » migratoire à corriger par la paix et le co-développement.
Jordan Bardella : Immigration quasi nulle, préférence nationale
Priorité nationale inscrite dans la loi, arrêt du regroupement familial : programme RN.
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.