Retailleau dénonce « une convergence entre l'extrême gauche et des racailles » et vise les binationaux
Le 19 octobre, Bruno Retailleau voit dans les violences « une convergence entre l'extrême gauche et des racailles » et fait le lien avec « une immigration massive ». Il réclame l'état d'urgence, la déchéance de nationalité pour les pilleurs binationaux et la majorité pénale à 15 ans pour les faits les plus graves.
Le lundi 19 octobre, lors d'une conférence de presse, Bruno Retailleau a décrit les violences du 17 octobre comme « une convergence entre l'extrême gauche et des racailles ». Il parle d'une « véritable décivilisation » et d'« une barbarie ». Il fait aussi un lien avec l'immigration : « Oui, il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires. »
Le candidat LR réitère son appel à Emmanuel Macron pour déclarer l'état d'urgence et juge insuffisants les couvre-feux du gouvernement. Il demande la déchéance de nationalité pour les pilleurs binationaux : « Quand on a des binationaux qui pillent, qui sont des violents. » Il propose d'« abaisser à quinze ans la majorité pénale pour les mineurs, pour les crimes et délits les plus graves » et plaide pour une loi anticasseurs.
Selon LCP, il veut aussi « une nouvelle doctrine du maintien de l'ordre, qui protège les manifestants pacifiques ». Ancien ministre de l'Intérieur, il dit qu'il aurait ordonné aux forces de l'ordre d'aller au contact dès que nécessaire. La veille, sur France Inter et France 2, il accusait déjà les élus LFI d'avoir « armé la violence avec leurs mots d'ordre ».
Priorité à la police de proximité et à la prévention, critique des doctrines du maintien de l'ordre. Source
Le sujet en bref
Police, justice, prisons : la sécurité revient à chaque élection. Les candidats se répartissent entre la prévention et la réinsertion avec moins de prison, plus de moyens sociaux que policiers, l'équilibre actuel, davantage de police et de peines fermes, et une ligne de tolérance zéro avec peines planchers et construction de prisons.
Les chiffres clés
Détenus : 89 446, record historique (+5,3 % en un an) (1er juillet 2026, source)
Violences physiques enregistrées : +5 % en un an, homicides stables (2025, source)
Loi contre le narcotrafic : parquet national anti-criminalité organisée, prisons de haute sécurité (13 juin 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (LOPMI) de janvier 2023 programme 15 milliards d'euros sur cinq ans et le doublement de la présence policière sur la voie publique. La loi du 13 juin 2025 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » crée un parquet national anti-criminalité organisée et des quartiers de haute sécurité. La justice des mineurs a été durcie par la loi Attal de 2025, partiellement censurée.
Ce qui a changé depuis 2022
Les émeutes de juin 2023 après la mort de Nahel Merzouk et la multiplication des règlements de comptes liés au trafic (Marseille, Grenoble, Nîmes) ont fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité transpartisane. La population carcérale bat record sur record, avec près de 90 000 détenus pour environ 62 000 places. Le plan « 15 000 places de prison » reste très en retard.
Propose de régulariser les travailleurs sans papiers et défend l'accueil, tout en parlant de « désordre » migratoire à corriger par la paix et le co-développement. Source
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.
DébatDébat LCI avec les Restos du Cœur, « Quelle société pour demain ? »À 20h40 sur LCI, dans un entrepôt des Restos du Cœur. Solidarité, pouvoir d'achat et précarité. Édouard Philippe absent, au conseil municipal du Havre selon son entourage.