Retailleau veut un départ à 63 ans minimum et le taux plein à 65 ans
Sur LCI, Bruno Retailleau a détaillé sa réforme des retraites : un âge minimal de départ à 63 ans avec « une décote de 7% par an », et un taux plein automatique à 65 ans, qui suivrait ensuite l'espérance de vie. Il ajoute de la capitalisation pour les jeunes, « 25 à 30% » de leur retraite, et promet 40 milliards d'euros d'économies sur cinq ans. Il est le premier du bloc de droite et du centre à chiffrer sa réforme, avant Édouard Philippe attendu le 8 octobre.
Mardi 22 septembre sur LCI, Bruno Retailleau, candidat LR, a présenté la réforme des retraites qu'il ferait s'il était élu. « L'âge minimal de départ, c'est 63 ans », a-t-il dit. Partir à cet âge entraînerait « une décote de 7% par an ». Il promet de consulter les partenaires sociaux pour définir les métiers pénibles qui feraient exception.
Le taux plein deviendrait automatique à 65 ans, et non plus à 67 ans comme aujourd'hui, « même si vous n'avez pas toutes vos annuités, tous vos trimestres ». Mais cet âge pourrait « bouger » : il veut lier l'âge du taux plein à l'espérance de vie. Si l'espérance de vie augmente, cet âge augmentera aussi.
Il veut aussi ajouter une retraite par capitalisation « pour les jeunes ». Elle représenterait d'abord « à peu près un quart, soit 25 à 30% des retraites des jeunes qui rentrent sur le marché du travail ». Il précise que ce pilier n'est « pas pour les retraités d'aujourd'hui ». Selon lui, c'est aussi utile pour éviter que des « fonds américains ou étrangers » rachètent les entreprises françaises.
Il présente cette réforme comme un moyen de « sauver la retraite par répartition ». Il annonce « 40 milliards d'économies en cumulé sur cinq ans ». Selon l'AFP, le candidat stagne entre 6 et 10 % dans les sondages.
« L'âge minimal de départ, c'est 63 ans », avec une décote, un taux plein automatique à 65 ans qui suivra l'espérance de vie, et de la capitalisation pour « 25 à 30% des retraites des jeunes » (LCI, 22 septembre 2026). Source
Assume que « nous allons tous devoir travailler un peu plus longtemps », jusqu'à 67 ans selon les métiers.
Le sujet en bref
La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.
Les chiffres clés
Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.