Retraites : Attal parle de « soins palliatifs », Glucksmann juge le plan Philippe inacceptable
Le 30 septembre, Gabriel Attal estime que le plan d'Édouard Philippe reprend la proposition de Macron en 2022 et relève des « soins palliatifs ». Il veut un système fondé sur la durée de cotisation. Raphaël Glucksmann juge le plan « profondément inacceptable » et veut revenir à 62 ans.
Le 30 septembre, au lendemain de la présentation du plan d'Édouard Philippe (65 ans en moins de 10 ans, 45 annuités), ses concurrents ont répondu. Sur Europe 1 et CNews, Gabriel Attal a jugé que « c'est exactement la proposition qu'a faite Emmanuel Macron en 2022 ». Il ajoute : « on n'en est plus à prendre des mesures de soins palliatifs ».
Gabriel Attal veut changer de système : la durée de cotisation deviendrait la règle principale, avec « une vraie décote si vous partez tôt, une vraie surcote si vous partez tard ». Il ne fixe pas d'âge légal unique.
À gauche, Raphaël Glucksmann a qualifié la réforme d'Édouard Philippe de « profondément inacceptable » sur BFMTV et RMC. Il veut revenir à 62 ans, avec un système de décote qui tienne compte de la pénibilité du travail. Les retraites deviennent ainsi un des premiers grands clivages de la campagne, au centre comme entre la gauche et le centre.
Critique la réforme de 2023 sans promettre le retour à 60 ans, privilégie la négociation.
Le sujet en bref
La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.
Les chiffres clés
Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.