Zemmour appelle à « l'immigration négative » sans se déclarer candidat
En clôture de l'université d'été de Reconquête à Port-Marly, Éric Zemmour a défendu la remigration, « pas un fantasme, une brutalité ou un délire, mais l'application de la loi », et réclamé une relance du nucléaire réservée en partie aux infrastructures d'intelligence artificielle. Il n'a pas annoncé sa candidature et a appelé à un « vote du sursaut ». Son entourage parle désormais d'une officialisation « dès octobre » et revendique 350 promesses de parrainages sur les 500 nécessaires.
Reconquête tenait son université d'été les 12 et 13 septembre à Port-Marly, dans les Yvelines, devant plus de 2 000 militants selon les organisateurs. Éric Zemmour et Sarah Knafo sont entrés ensemble, pour afficher leur complémentarité. Zemmour, pas encore candidat déclaré, a appelé à un « vote du sursaut et de la résurrection ».
Son discours était centré sur l'intelligence artificielle, « la troisième grande révolution industrielle de l'histoire de l'Occident » selon lui. Il veut relancer le nucléaire avec six EPR d'ici 2035 et quatorze d'ici 2045, une électricité qui « cessera d'être bradée », et faire de la France « le pays européen où il est le plus facile de créer une entreprise d'IA ».
Sur l'immigration, il a réaffirmé la remigration : « Il ne suffit pas de prôner l'immigration zéro, mais d'enclencher l'immigration négative. Il faut la remigration. » Il présente aussi l'IA et la robotique comme une réponse à l'immigration.
Aucune candidature n'a été annoncée. Selon Europe 1, Zemmour se donne jusqu'à octobre pour se déclarer et revendique 350 promesses de parrainages sur les 500 nécessaires. Il est crédité d'environ 4 % des intentions de vote.
Éric Zemmour : Immigration quasi nulle, préférence nationale
« Remigration », suppression du droit du sol, et renvoi des étrangers en prison, des délinquants étrangers et des chômeurs étrangers après un an : le cœur de son projet. Source
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.
Éric Zemmour : Accélérer à fond, le moins de contraintes possible
Veut réserver l’électricité nucléaire aux infrastructures d’intelligence artificielle et faciliter la création d’entreprises, au nom d’un pays qui « manque son siècle ». Source
Le sujet en bref
Intelligence artificielle, réseaux sociaux, données personnelles, géants du numérique : la tech entre dans la campagne. Les candidats vont d'une régulation forte, avec taxation des géants et interdiction des réseaux aux mineurs, à une accélération avec le moins de contraintes possible, en passant par la simple application des règles européennes.
Les chiffres clés
Investissements privés IA annoncés : 109 milliards d'euros annoncés lors du Sommet pour l'action sur l'IA (février 2025, source)
France 2030 : 54 milliards d'euros déployés sur 5 ans (depuis 2021, source)
Pays au Sommet IA : Plus de 100 pays représentés, 100 actions et engagements annoncés (6 au 11 février 2025, source)
Mineurs et réseaux sociaux : loi n° 2026-813 du 24 août 2026, promulguée sans son article 1er censuré par le Conseil constitutionnel (24 août 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le cadre est surtout européen : règlement sur les services numériques (DSA) applicable à toutes les plateformes depuis le 17 février 2024, et règlement sur l'IA (AI Act) entré en vigueur en août 2024 avec une application par étapes jusqu'en 2027. En France, la loi du 7 juillet 2023 fixe une majorité numérique à 15 ans (accord parental en dessous) et la loi SREN du 21 mai 2024 renforce le contrôle de l'âge sur les sites pornographiques. La loi n° 2026-813 du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux a été promulguée sans son article 1er : le Conseil constitutionnel, par sa décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026, a jugé l'interdiction d'accès aux moins de 15 ans contraire à la Constitution. Restent notamment l'interdiction de la publicité pour les réseaux sociaux visant spécifiquement les mineurs et un volet de sensibilisation au numérique.
Ce qui a changé depuis 2022
La loi du 7 juillet 2023 a instauré la majorité numérique à 15 ans, la loi SREN du 21 mai 2024 a transposé le DSA et l'AI Act européen a été adopté en 2024. Le Sommet pour l'action sur l'IA des 10 et 11 février 2025 à Paris a réuni plus de 100 pays et s'est accompagné de l'annonce de 109 milliards d'euros d'investissements privés en France. Le Parlement a adopté définitivement le 21 juillet 2026 le texte de la commission mixte paritaire, qui interdisait les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais le Conseil constitutionnel a censuré cet article le 14 août 2026 au nom de la liberté d'expression, et la loi a été promulguée le 24 août 2026 sans lui.