À « L'Heure de vérité », Philippe détaille 65 ans, 45 annuités et l'immigration divisée par deux
Le 8 octobre sur France 2, Édouard Philippe propose la retraite à 65 ans avec 45 ans de cotisation et une part de capitalisation. Il prévoit une vingtaine d'ordonnances en juillet 2027. Il veut diviser par deux l'immigration légale et créer une allocation unique de 350 euros dès le premier enfant.
Le 8 octobre, Édouard Philippe était le premier invité de « L'Heure de vérité » sur France 2. L'émission avait été reportée du 24 septembre. Il y a détaillé sa réforme des retraites.
Il veut « porter progressivement la durée de cotisation à quarante-cinq ans et l'âge de départ à 65 ans », et « équilibrer le système en travaillant un peu plus longtemps et en mettant en place un système de capitalisation ». Il prévoit aussi une vingtaine d'ordonnances, lors d'une session extraordinaire du Parlement en juillet 2027.
Sur l'immigration : « On doit diviser par deux l'immigration légale, mais cela ne veut pas dire la ramener à zéro. » Il veut aussi « revoir totalement le système des allocations familiales », avec une allocation unique de 350 euros par mois dès le premier enfant, et juge que « Parcoursup ne marche pas ». Dans la fonction publique, il ne remplacerait que deux départs à la retraite sur trois.
Veut « porter progressivement la durée de cotisation à quarante-cinq ans et l'âge de départ à 65 ans », avec un « système de capitalisation » (L'Heure de vérité, France 2, 8 octobre 2026). Source
Le sujet en bref
La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.
Les chiffres clés
Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.
« On doit diviser par deux l'immigration légale, mais cela ne veut pas dire la ramener à zéro » (L'Heure de vérité, France 2, 8 octobre 2026). Pour des quotas migratoires débattus au Parlement. Source
Le sujet en bref
L'immigration est un sujet central de chaque présidentielle. Les positions vont de la régularisation des sans-papiers et d'un accueil plus large à des quotas et des expulsions plus rapides, jusqu'à une immigration quasi nulle et la préférence nationale. Le statu quo avec une meilleure application des règles est une position intermédiaire.
Les chiffres clés
Premiers titres de séjour délivrés : 384 000 (+11,2 %) (2025, source)
Premières demandes d'asile : 116 746 (-10,1 %) (2025, source)
Titres pour motif humanitaire : près de 93 000 (+65 %) (2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » a durci les conditions de regroupement familial, facilité les expulsions et créé un examen de français pour les cartes pluriannuelles ; le Conseil constitutionnel en a censuré plus d'un tiers des articles le 25 janvier 2024, dont les quotas et la restriction des prestations sociales. Depuis le 12 juin 2026, le pacte européen sur la migration et l'asile s'applique : filtrage aux frontières, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre États membres.
Ce qui a changé depuis 2022
Le nombre de titres délivrés a atteint un record en 2025, porté par les protections accordées aux réfugiés, tandis que les demandes d'asile ont baissé. La loi de 2024 a été le premier grand texte du quinquennat voté avec les voix du RN, ce qui a fracturé la majorité. Le pacte européen, adopté en mai 2024, est entré en application en juin 2026.