Attal refuse de baisser les taxes sur le carburant, Le Pen ironise

Sur BFMTV, Gabriel Attal a jugé une baisse des taxes sur le carburant « ni possible, à mon sens, ni souhaitable » et préfère aider les Français « de manière ciblée ». Le lendemain, Marine Le Pen a répondu : « Pour Gabriel Attal, il est donc souhaitable que les Français continuent de payer leur litre de carburant à 2,40 euros ». Le prix du carburant oppose désormais le bloc central, qui cible les aides, au RN, qui promet de baisser les taxes.

Lundi 21 septembre sur BFMTV, Gabriel Attal, candidat Renaissance, a jugé qu'une baisse des taxes sur le carburant n'était « ni possible, à mon sens, ni souhaitable ». Pas possible, selon lui, car les finances publiques sont dans une situation « extraordinairement tendue ». Pas souhaitable, car les impôts des classes moyennes et populaires paieraient une baisse de taxes pour des personnes qui « gagnent beaucoup, roulent en 4x4 ».

Il préfère « accompagner les Français de manière ciblée », en visant ceux « qui se lèvent tous les matins pour aller travailler, qui ont besoin d'utiliser leur voiture et qui ne gagnent pas suffisamment ». Plus tôt dans la journée, il avait accusé les candidats qui promettent une baisse des taxes : « Ils mentent aux Français ».

Le lendemain, Marine Le Pen a répondu sur X : « Pour Gabriel Attal, il est donc souhaitable que les Français continuent de payer leur litre de carburant à 2,40 euros. Merci de cette clarification. » Selon CNews, le gazole tournait ce lundi autour de 2,41 euros le litre en moyenne.

Le gouvernement devait présenter mardi de nouvelles aides ciblées pour les automobilistes les plus touchés par la hausse des prix.

Sources

BFMTV via Yahoo, « Ni possible, ni souhaitable », 21 septembre 2026 · CNews, « Merci de cette clarification » : Marine Le Pen tacle Gabriel Attal, 22 septembre 2026

Leurs positions : pouvoir d'achat

Comment faire face aux prix ?

  • Gabriel Attal : Aides ciblées quand les prix flambent

    Contre une baisse des taxes sur le carburant, « ni possible, à mon sens, ni souhaitable » : il veut « accompagner les Français de manière ciblée » (21 septembre 2026). Source

  • Marine Le Pen : Aides ciblées quand les prix flambent

    Baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'énergie et les carburants, mais refus d'un coup de pouce au SMIC, qui ferait « une hausse des charges » insupportable pour les petites entreprises (juin 2024). Source

Le sujet en bref

Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.

Les chiffres clés

  • Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
  • SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
  • Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
  • Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.

Ce qui a changé depuis 2022

Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.

Tous les candidats : pouvoir d'achat

Leurs positions : transports

La voiture ou les autres transports ?

  • Gabriel Attal : Investir dans le train, garder les zones à faibles émissions

    Le groupe Renaissance s'est prononcé pour le maintien de la fin des ventes de thermiques neuves en 2035 (17 février 2025). Source

  • Marine Le Pen : Priorité à la route, baisser les taxes sur le carburant

    Le RN qualifie la fin des ventes de voitures thermiques en 2035 de décision « inconséquente et brutale » (Mondial de l'auto, 16 octobre 2024) et veut la TVA à 5,5 % sur les carburants. Source

Le sujet en bref

Voiture, train, zones à faibles émissions, prix du carburant : les transports touchent la vie quotidienne et le climat. Les positions vont de la gratuité des transports publics et de la sortie de la voiture à la priorité à la route avec baisse des taxes sur le carburant, en passant par l'investissement dans le train ou la suppression des ZFE.

Les chiffres clés

  • Part de la voiture dans les déplacements : 82,2 % des voyageurs-kilomètres (2023, source)
  • Émissions des transports : 122,9 Mt CO2e, premier secteur émetteur (2025, source)
  • Voitures électriques dans les immatriculations neuves : 19,9 % des voitures neuves, contre 16,8 % en 2024 (2025, source)
  • Zones à faibles émissions : obligatoires dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants, dont 2 en dépassement régulier des seuils (Paris et Lyon) (2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi d'orientation des mobilités de 2019 et la loi Climat de 2021 imposent des zones à faibles émissions dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants. L'Assemblée a voté leur suppression en juin 2025 dans la loi de simplification, puis le Sénat en avril 2026, mais le Conseil constitutionnel a censuré la disposition comme cavalier législatif : les ZFE restent en vigueur avec la vignette Crit'Air. Les ventes de voitures neuves thermiques sont interdites dans l'UE à partir de 2035.

Ce qui a changé depuis 2022

Le bonus écologique a été réduit et recentré chaque année, le leasing social à 100 euros par mois lancé en 2024 puis 2025. Les ZFE, très contestées, ont été assouplies (seules Paris et Lyon appliquent les restrictions les plus strictes) et leur suppression a été votée avant d'être censurée. Le plan de 100 milliards pour le ferroviaire annoncé en 2023 reste sans financement garanti.

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