Attal veut l'armée devant les bâtiments publics et couper les réseaux sociaux pendant les émeutes
Le 19 octobre, sur RTL, Gabriel Attal juge que « le gouvernement a failli ». Il propose de confier temporairement la garde de bâtiments publics à l'armée, de décréter l'état d'urgence si besoin, et de couper les réseaux sociaux dans les zones d'émeutes.
Le lundi 19 octobre, sur RTL, Gabriel Attal a jugé que « le gouvernement a failli » face aux violences du 17 octobre. Il parle d'« une faillite dans la capacité à anticiper et gérer cet événement ». Pour lui, la situation n'est pas « qu'une question de maintien de l'ordre » mais aussi une question « civilisationnelle ». « Il y a une urgence : rétablir l'ordre », dit le candidat Renaissance.
Il propose de faire appel à l'armée : « S'il faut temporairement tenir des bâtiments publics en statique à des forces armées, il faut le faire. » Sur l'état d'urgence, il ajoute : « Si un état d'urgence doit être décrété pour [rétablir l'ordre], il faut le faire. » Il demande aussi des sanctions rapides : « Il faut qu'il y ait très vite des exemples. »
Il veut enfin pouvoir couper les réseaux sociaux dans les zones touchées. « Il faut que ce soit un blocage temporaire, ciblé, sur les territoires où se déroulent des émeutes », dit-il, car « vous avez des points de convergence et de rassemblement qui sont organisés au travers des réseaux sociaux ». Premier ministre en mai 2024, il avait fait suspendre TikTok en Nouvelle-Calédonie. Selon Public Sénat, le Conseil d'État avait jugé cette mesure disproportionnée, notamment parce qu'aucune durée n'était fixée.
Comparution immédiate dès 16 ans pour les récidivistes, fin de l'excuse de minorité pour eux et reconnaissance faciale contre les pilleurs (RTL, 19 octobre 2026). Source
Le sujet en bref
Police, justice, prisons : la sécurité revient à chaque élection. Les candidats se répartissent entre la prévention et la réinsertion avec moins de prison, plus de moyens sociaux que policiers, l'équilibre actuel, davantage de police et de peines fermes, et une ligne de tolérance zéro avec peines planchers et construction de prisons.
Les chiffres clés
Détenus : 89 446, record historique (+5,3 % en un an) (1er juillet 2026, source)
Violences physiques enregistrées : +5 % en un an, homicides stables (2025, source)
Loi contre le narcotrafic : parquet national anti-criminalité organisée, prisons de haute sécurité (13 juin 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (LOPMI) de janvier 2023 programme 15 milliards d'euros sur cinq ans et le doublement de la présence policière sur la voie publique. La loi du 13 juin 2025 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » crée un parquet national anti-criminalité organisée et des quartiers de haute sécurité. La justice des mineurs a été durcie par la loi Attal de 2025, partiellement censurée.
Ce qui a changé depuis 2022
Les émeutes de juin 2023 après la mort de Nahel Merzouk et la multiplication des règlements de comptes liés au trafic (Marseille, Grenoble, Nîmes) ont fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité transpartisane. La population carcérale bat record sur record, avec près de 90 000 détenus pour environ 62 000 places. Le plan « 15 000 places de prison » reste très en retard.
Gabriel Attal : Encadrer l'IA et les plateformes, protéger les données
Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, en faisant porter sur les plateformes l'obligation de vérifier l'âge (janvier 2026). Source
Le sujet en bref
Intelligence artificielle, réseaux sociaux, données personnelles, géants du numérique : la tech entre dans la campagne. Les candidats vont d'une régulation forte, avec taxation des géants et interdiction des réseaux aux mineurs, à une accélération avec le moins de contraintes possible, en passant par la simple application des règles européennes.
Les chiffres clés
Investissements privés IA annoncés : 109 milliards d'euros annoncés lors du Sommet pour l'action sur l'IA (février 2025, source)
France 2030 : 54 milliards d'euros déployés sur 5 ans (depuis 2021, source)
Pays au Sommet IA : Plus de 100 pays représentés, 100 actions et engagements annoncés (6 au 11 février 2025, source)
Mineurs et réseaux sociaux : loi n° 2026-813 du 24 août 2026, promulguée sans son article 1er censuré par le Conseil constitutionnel (24 août 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le cadre est surtout européen : règlement sur les services numériques (DSA) applicable à toutes les plateformes depuis le 17 février 2024, et règlement sur l'IA (AI Act) entré en vigueur en août 2024 avec une application par étapes jusqu'en 2027. En France, la loi du 7 juillet 2023 fixe une majorité numérique à 15 ans (accord parental en dessous) et la loi SREN du 21 mai 2024 renforce le contrôle de l'âge sur les sites pornographiques. La loi n° 2026-813 du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux a été promulguée sans son article 1er : le Conseil constitutionnel, par sa décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026, a jugé l'interdiction d'accès aux moins de 15 ans contraire à la Constitution. Restent notamment l'interdiction de la publicité pour les réseaux sociaux visant spécifiquement les mineurs et un volet de sensibilisation au numérique.
Ce qui a changé depuis 2022
La loi du 7 juillet 2023 a instauré la majorité numérique à 15 ans, la loi SREN du 21 mai 2024 a transposé le DSA et l'AI Act européen a été adopté en 2024. Le Sommet pour l'action sur l'IA des 10 et 11 février 2025 à Paris a réuni plus de 100 pays et s'est accompagné de l'annonce de 109 milliards d'euros d'investissements privés en France. Le Parlement a adopté définitivement le 21 juillet 2026 le texte de la commission mixte paritaire, qui interdisait les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais le Conseil constitutionnel a censuré cet article le 14 août 2026 au nom de la liberté d'expression, et la loi a été promulguée le 24 août 2026 sans lui.
DébatDébat LCI avec les Restos du Cœur, « Quelle société pour demain ? »À 20h40 sur LCI, dans un entrepôt des Restos du Cœur. Solidarité, pouvoir d'achat et précarité. Édouard Philippe absent, au conseil municipal du Havre selon son entourage.