Débat France 2 de la primaire : LFI, Gaza et l'Ukraine divisent encore les candidats
Le 1er octobre, sur France 2 et France Inter, les cinq candidats de la primaire du camp social-démocrate s'opposent encore sur LFI et sur Gaza. Ségolène Royal est seule à vouloir renouer avec Poutine. Raphaël Glucksmann propose de baisser la CSG sur les salaires, ses rivaux s'y opposent.
Le 1er octobre, les cinq candidats de la primaire du camp social-démocrate (Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel) ont débattu un peu plus de deux heures sur France 2 et France Inter. C'était leur deuxième débat.
La France insoumise a encore occupé une grande place. Olivier Faure a parlé de « l'éléphant dans la pièce » et lancé : « On ne va pas passer notre soirée à parler de LFI. » Raphaël Glucksmann juge toute alliance avec LFI impossible. Jérôme Guedj reproche à Olivier Faure sa « danse du ventre » devant LFI. Ségolène Royal veut une coalition avec « les partis de gauche, les écologistes et le Parti communiste », pas derrière Jean-Luc Mélenchon.
Sur Gaza, Olivier Faure a dit : « je dénoncerai un génocide parce qu'il faut que les mots soient employés ». Raphaël Glucksmann refuse le mot, lui lance : « Ce que tu fais est largement obscène », et insiste sur les poursuites contre Benyamin Netanyahou. Sur l'Ukraine, Ségolène Royal est la seule à vouloir renouer le dialogue avec Vladimir Poutine. Raphaël Glucksmann lui oppose « la faiblesse qui crée l'invitation à l'agression ».
Sur le pouvoir d'achat, Raphaël Glucksmann défend une baisse de la CSG sur les salaires, que Ségolène Royal, Olivier Faure et Emmanuel Maurel rejettent. Il préfère aussi des aides ciblées à une baisse générale des taxes sur les carburants. Olivier Faure confirme : « Oui il y aura une taxe Zucman. » Tous ont condamné Jordan Bardella. Le premier tour a lieu les 9 et 10 octobre.
Olivier Faure : Défense européenne, soutien à l'Ukraine
Soutenir la résistance ukrainienne et financer l'aide par la saisie des avoirs russes immobilisés, en renforçant le pilier européen de l'OTAN vers l'intégration des armées européennes. Source
Prudente sur l'escalade en Ukraine, plaide pour des issues négociées.
Le sujet en bref
Guerre en Ukraine, relation avec les États-Unis, OTAN, réarmement : la défense et les alliances pèsent dans la campagne. Les candidats vont du non-alignement et de la sortie de l'OTAN à un atlantisme assumé avec réarmement fort, en passant par la continuité, une défense européenne renforcée et le soutien à l'Ukraine.
Les chiffres clés
Budget de la défense : 57,15 milliards d'euros pour la mission Défense hors pensions, 68,4 milliards pour le ministère (+6,7 milliards sur un an) (projet de loi de finances 2026, source)
Loi de programmation militaire 2024-2030 : 413 milliards d'euros, plus 36 milliards ajoutés pour 2026-2030 (2025, source)
Soutien à l'Ukraine dans la LPM : 1,2 milliard d'euros de financement interministériel prévu par la loi de programmation militaire (LPM 2024-2030, source)
Objectif OTAN : 3,5 % du PIB en 2035, soit environ 140 milliards d'euros (sommet de 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros, un tiers de plus que la précédente, actualisée en 2025 avec 36 milliards supplémentaires. La France est membre du commandement intégré de l'OTAN depuis 2009 et s'est engagée avec ses alliés sur 3,5 % du PIB de dépenses militaires en 2035. La dissuasion nucléaire reste le socle de la doctrine.
Ce qui a changé depuis 2022
L'invasion de l'Ukraine a fait passer la France en « économie de guerre » : commandes de munitions et de canons Caesar, aide militaire de plusieurs milliards, envoi d'instructeurs. Le retour de Donald Trump en 2025 et son désengagement d'Europe ont poussé Paris à proposer un débat sur la dissuasion élargie. Le budget des armées augmente chaque année depuis 2024, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros entre 2025 et 2026.
Face à la flambée du carburant, veut « multiplier par trois » le chèque carburant, payé par une « taxation des superprofits » (21 septembre 2026). Source
Proposait en 2007 une hausse du SMIC de 5 % par an pour le porter à 1 500 euros bruts en cinq ans. Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.