Dernier débat de la primaire sur BFMTV : les cinq candidats pour les 62 ans, divisés sur LFI
Le 4 octobre, sur BFMTV, les cinq candidats de la primaire du PS et de Place publique promettent tous d'abroger la réforme de 2023 et de revenir à 62 ans. LFI et l'Ukraine les divisent encore. Olivier Faure annonce qu'il manifestera avec les lycéens le 6 octobre.
Le 4 octobre, les cinq candidats de la primaire du PS et de Place publique (Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel) ont tenu leur troisième et dernier débat, sur BFMTV. Le premier tour a lieu les 9 et 10 octobre.
Sur les retraites, tous veulent abroger la réforme de 2023 et revenir à 62 ans. « Quand on dit quelque chose, on le tient. Oui, il y aura abrogation immédiate de la réforme Borne », dit Olivier Faure. Raphaël Glucksmann promet : « Nous abrogerons la réforme injuste de 2023. (...) On ne pourra pas faire 60 ans, ce sera 62 ans. » Emmanuel Maurel veut « en rester à ce qu'on a obtenu, donc les 62 ans ».
Sur LFI, les divisions restent. Raphaël Glucksmann refuse de « diluer la famille sociale-démocrate » dans le mélenchonisme ou dans la droite. Jérôme Guedj lance : « Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort, mais il est un boulet. » Sur l'Ukraine, Ségolène Royal veut « maintenir la défense de l'Ukraine » mais faire « le même effort pour arrêter cette guerre ». Jérôme Guedj juge ce discours « naïf ».
Sur les lycées, Jérôme Guedj trouve les lycéens « absolument légitimes », mais « la violence ne sert absolument à rien ». Raphaël Glucksmann veut « être inflexible avec les casseurs » et propose « une loi de programmation sur cinq ans » pour les bâtiments scolaires. Olivier Faure annonce qu'il manifestera avec les lycéens le mardi 6 octobre. Tous défendent le nucléaire avec les renouvelables.
Ne défend pas le retour à 60 ans : les carrières hachées et les métiers durs partiraient plus tôt, mais « les cadres » à l'espérance de vie en bonne santé plus longue « devront partir plus tard ». Source
« Les retraites, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas » : refuse tout débat sur les pensions tant que le retour de l'ISF n'est pas posé (août 2026). Source
Propose le retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités (L'Avenir en commun). Source
Le sujet en bref
La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.
Les chiffres clés
Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.
Olivier Faure : Moins d'élèves par classe, mixité imposée
Ramener les classes à 19 élèves au maximum et imposer la mixité sociale, y compris dans le privé sous contrat, en conditionnant les contrats d'association à des objectifs de mixité. Source
Plan de sauvetage de l'école sur cinq ans : hausse des salaires des enseignants, classes réduites au primaire, rénovation du bâti (24 août 2026). Source
« Imposer la mixité sociale » dans les établissements, titularisation des contractuels et fin des suppressions de postes (L'Avenir en commun). Source
Le sujet en bref
L'école française recule dans les classements internationaux et manque d'enseignants dans plusieurs académies. Les candidats divergent sur la réponse : moins d'élèves par classe et mixité sociale imposée, plus de moyens et de liberté pédagogique, retour aux fondamentaux et à l'autorité, ou autonomie des établissements, sélection et chèque éducation.
Les chiffres clés
Élèves par classe en élémentaire : 21,3 (2024, source)
Salaire net moyen d'un enseignant : 3 090 euros par mois (2024, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
L'école est obligatoire de 3 à 16 ans, la formation jusqu'à 18 ans. Les programmes sont nationaux, fixés par le ministère après avis du Conseil supérieur des programmes. Les groupes de niveau en français et mathématiques au collège, mesure phare du « choc des savoirs » de 2024, sont devenus facultatifs par décret en mars 2026.
Ce qui a changé depuis 2022
Le « pacte enseignant » de 2023 a ajouté des missions rémunérées et le salaire des débutants a été porté à environ 2 100 euros net. Le « choc des savoirs » lancé par Gabriel Attal fin 2023 (groupes de niveau, brevet exigé pour le lycée, classes prépa-seconde) a été largement défait en 2025 et 2026. La baisse démographique fait perdre environ 100 000 élèves par an et pose la question des fermetures de classes.
DébatDébat LCI avec les Restos du Cœur, « Quelle société pour demain ? »À 20h40 sur LCI, dans un entrepôt des Restos du Cœur. Solidarité, pouvoir d'achat et précarité. Édouard Philippe absent, au conseil municipal du Havre selon son entourage.