Fonction publique : 300 000 manifestants et des lycées bloqués, LFI dans la polémique
Le 29 septembre, la fonction publique manifeste pour les salaires : 300 000 personnes selon France 24, plus de 300 lycées bloqués, 411 lycéens interpellés. Jean-Luc Mélenchon a demandé aux insoumis de « s'interposer » entre élèves et police, et Sébastien Lecornu l'accuse de « mettre en danger des élèves ».
Le 29 septembre, les agents de la fonction publique, dont les pompiers, ont fait grève et manifesté dans toute la France, à l'appel d'une large intersyndicale. Selon France 24, environ 300 000 personnes ont défilé, 206 000 selon le ministère de l'Intérieur, dans plus de 170 rassemblements. Ils demandent des hausses de salaires et des moyens pour les services publics. Le gouvernement veut geler pour la deuxième année le point d'indice.
Plus de 300 lycées ont été bloqués et 411 lycéens ont été interpellés. Le ministère de l'Éducation a compté au moins 10 personnels blessés. Le ministre Édouard Geffray a dénoncé « une violence inqualifiable ». Des journalistes de BFMTV ont été insultés et agressés.
Le 28 septembre, Jean-Luc Mélenchon avait demandé aux élus et militants insoumis de « s'interposer partout où vous le pouvez » entre les élèves et les forces de l'ordre, et accusé le gouvernement d'avoir « ordonné la répression ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu que LFI « met en danger des élèves » et que « l'école de la République n'est pas un terrain de jeu partisan ».
Plusieurs candidats sont venus soutenir la mobilisation, comme Fabien Roussel au Havre, ou François Ruffin, qui a apporté son soutien aux lycéens. Le budget 2027 est présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, et les syndicats parlent d'une possible escalade.
Position estimée, pas encore justifiée par une source.
Fabien Roussel : Recruter massivement et revaloriser les salaires
Recrutement de 500 000 fonctionnaires, dont 100 000 à l'hôpital et 90 000 dans l'éducation. Source
François Ruffin : Plus de postes à l'école, à l'hôpital, à la justice
Position estimée, pas encore justifiée par une source.
Le sujet en bref
La France compte près de 5,9 millions d'agents publics. Le sujet oppose ceux qui veulent recruter massivement et revaloriser les salaires, ceux qui ciblent l'école, l'hôpital et la justice, ceux qui gardent les effectifs actuels, et ceux qui veulent ne pas remplacer tous les départs à la retraite ou supprimer des postes et revoir le statut.
Les chiffres clés
Effectifs de la fonction publique : 5,9 millions d'agents fin 2024, en hausse de 32 800 (+0,6 %) (31 décembre 2024, source)
Répartition des agents publics : 2,6 millions dans l'État (44 %), 2 millions dans la territoriale (34 %), 1,2 million dans l'hospitalière (21 %) (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
Part des contractuels : 23 % dans l'État, 26 % dans la territoriale, 21 % dans l'hospitalière (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
Salaire net moyen d'un agent public : 2 652 euros par mois, 2 552 euros pour les femmes contre 2 834 pour les hommes (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
Arrêt maladie des agents publics : 90 % du traitement pendant 3 mois, puis 50 % pendant 9 mois, avec un jour de carence (depuis le 1er mars 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Les agents publics relèvent du Code général de la fonction publique, créé par l'ordonnance du 24 novembre 2021, qui réunit les statuts de l'État, des collectivités et des hôpitaux. La loi de transformation de 2019 a élargi le recours aux contractuels et créé la rupture conventionnelle. Depuis le 1er mars 2025, les arrêts maladie sont rémunérés à 90 % du traitement les trois premiers mois, puis à 50 % pendant neuf mois, avec un jour de carence.
Ce qui a changé depuis 2022
Les effectifs ont continué de monter : 5,9 millions d'agents fin 2024, après une hausse de 1,1 % en 2023 et de 0,6 % en 2024. Cette croissance vient entièrement des contractuels (+4,9 % en 2023, +2,6 % en 2024), alors que le nombre de fonctionnaires et militaires est stable. Les budgets 2025 et 2026 ont réduit la rémunération des arrêts maladie et supprimé des postes dans plusieurs ministères. Le projet de loi sur la fonction publique annoncé en 2024 a été abandonné avec la dissolution.
Jean-Luc Mélenchon : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 600 euros nets, blocage des prix des produits de première nécessité et TVA à 0 % sur ces produits (programme du Nouveau Front populaire, 2024). Source
Fabien Roussel : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 700 euros nets, hausse de 5 % de tous les salaires et retour de l'échelle mobile, qui indexe automatiquement les salaires sur les prix (université d'été du PCF, 22 août 2026). Source
François Ruffin : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 700 euros nets, et « une indexation des salaires sur l'inflation » avec « une marge raisonnable » pour les entreprises (22 septembre 2026). Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.