Le Pen devant le Medef : 125 milliards d'économies, retraite à 62 ans

Au débat du Medef, Marine Le Pen a annoncé une trajectoire de finances publiques avec « 125 milliards d'euros d'économies », dont le détail sera publié avant le débat budgétaire. Elle a redit que l'État devait « baisser drastiquement son train de vie ». Sur les retraites, elle confirme un âge légal à 62 ans, avec un départ à 60 ans réservé aux carrières commencées avant 20 ans.

Au débat du Medef, organisé lors de sa réunion d'été à Roland-Garros, Marine Le Pen a présenté une trajectoire de finances publiques prévoyant « 125 milliards d'euros d'économies », dont le détail complet doit être publié avant le débat budgétaire à l'automne. Les pistes évoquées incluent une baisse des dépenses des agences de l'État, une révision de la contribution française au budget européen et une réduction des frais de fonctionnement de l'État.

Elle a justifié cette trajectoire en estimant que l'État devait « baisser drastiquement son train de vie » avant de demander des efforts aux Français.

Sur les retraites, elle a confirmé un âge légal fixé à 62 ans, avec un objectif de 42 annuités de cotisation, et un départ dès 60 ans réservé aux personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans. Cette dernière mesure a un coût estimé à 9 milliards d'euros par an pour ceux qui poursuivent leur activité au-delà du seuil requis.

Sources

Epoch Times, 28 août 2026

Sa position : retraites

À quel âge doit-on partir à la retraite ?

  • Marine Le Pen : Revenir à 62 ans

    Défend le retour à 60 ans pour les carrières longues, 62 ans sinon.

Le sujet en bref

La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.

Les chiffres clés

  • Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
  • Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
  • Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
  • Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
  • Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.

Ce qui a changé depuis 2022

La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.

Tous les candidats : retraites

Sa position : dépense publique

L'État doit-il dépenser plus ou moins ?

  • Marine Le Pen : Réduire la dépense sans casser les services

    Annonce 125 milliards d'euros d'économies et un État qui « doit réduire drastiquement sa dépense », sans couper dans les prestations : des économies présentées comme indolores, sur la fraude, l'immigration et l'Europe.

Le sujet en bref

La dépense publique française représente environ 57 % du PIB, l'un des niveaux les plus élevés d'Europe. Le débat porte sur son volume : certains candidats veulent dépenser davantage pour les services publics, quitte à emprunter, d'autres veulent la réduire fortement pour baisser les impôts et le déficit. Entre les deux, plusieurs défendent le niveau actuel.

Les chiffres clés

  • Dépense publique : 57,2 % du PIB (2025, source)
  • Déficit public : 152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB) (2025, source)
  • Prélèvements obligatoires : 43,6 % du PIB (2025, source)
  • Premier poste de dépense : Protection sociale : 693 milliards d'euros (41 %) (2024, source)
  • Dépense publique totale : 1 714,1 milliards d'euros (2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

Le budget de l'État est voté chaque année dans la loi de finances, celui de la Sécurité sociale dans la loi de financement de la Sécurité sociale. La France est sous procédure européenne pour déficit excessif depuis juillet 2024 et doit ramener son déficit sous 3 % du PIB d'ici 2029. La Cour des comptes juge en février 2026 que la baisse du déficit reste trop lente pour stabiliser la dette.

Ce qui a changé depuis 2022

Après le « quoi qu'il en coûte » du Covid et les boucliers tarifaires sur l'énergie de 2022 et 2023, le déficit a dérapé à 5,8 % du PIB en 2024. Le budget 2025 n'a été adopté qu'en février 2025 après la censure du gouvernement Barnier. Le budget 2026 a combiné hausses de prélèvements et gel de certaines dépenses, et la dépense publique a ralenti à +2,5 % en 2025.

Tous les candidats : dépense publique

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