Macron reçoit les candidats à l'Élysée, Le Pen envoie Bardella
Emmanuel Macron a réuni les chefs de parti et plusieurs candidats sur les guerres en cours et le prix du carburant : Attal, Philippe, Retailleau, Faure, Glucksmann, Roussel, Tondelier et Bardella étaient là. La crise du carburant devient le premier sujet de la campagne.
Le vendredi 18 septembre 2026, Emmanuel Macron a réuni à l'Élysée les chefs de parti et plusieurs candidats à la présidentielle, sur le modèle des « rencontres de Saint-Denis » d'août 2023. Le contexte : tensions au Moyen-Orient qui pèsent sur l'énergie, guerre entre la Russie et l'Ukraine, attaques hybrides russes en Europe et prix du carburant en forte hausse. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, des militaires et des représentants du renseignement étaient présents.
Autour de la table figuraient notamment Gabriel Attal, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Fabien Roussel, Manuel Bompard pour La France insoumise et Jordan Bardella pour le Rassemblement national. L'objectif affiché était de partager avec eux des informations classifiées pour nourrir le débat public avant la campagne.
Jordan Bardella a expliqué avoir accepté l'invitation « parce que la situation est grave et préoccupante ». Il réclame une baisse des taxes, qui font selon lui la moitié du prix à la pompe, et avertit que le litre pourrait atteindre 3 euros : « Il est évident que les Français ne pourront pas suivre ». Fabien Roussel a demandé « des mesures fortes et rapides pour baisser les prix de l'énergie ».
Olivier Faure a prévenu que la France ne peut « pas être gouvernée par la peur » et que la réunion ne devait pas servir à faire passer le budget. Marine Tondelier a parlé de « gravité » et lié la dépendance énergétique à la sécurité. Éric Ciotti a dit espérer que ce ne serait « pas une énième opération de communication ».
Atlantiste prudent, priorité au réarmement national.
Olivier Faure : Défense européenne, soutien à l'Ukraine
Soutenir la résistance ukrainienne et financer l'aide par la saisie des avoirs russes immobilisés, en renforçant le pilier européen de l'OTAN vers l'intégration des armées européennes. Source
Soutient l'Ukraine et une défense européenne, dans une culture de désarmement nucléaire.
Le sujet en bref
Guerre en Ukraine, relation avec les États-Unis, OTAN, réarmement : la défense et les alliances pèsent dans la campagne. Les candidats vont du non-alignement et de la sortie de l'OTAN à un atlantisme assumé avec réarmement fort, en passant par la continuité, une défense européenne renforcée et le soutien à l'Ukraine.
Les chiffres clés
Budget de la défense : 57,15 milliards d'euros pour la mission Défense hors pensions, 68,4 milliards pour le ministère (+6,7 milliards sur un an) (projet de loi de finances 2026, source)
Loi de programmation militaire 2024-2030 : 413 milliards d'euros, plus 36 milliards ajoutés pour 2026-2030 (2025, source)
Soutien à l'Ukraine dans la LPM : 1,2 milliard d'euros de financement interministériel prévu par la loi de programmation militaire (LPM 2024-2030, source)
Objectif OTAN : 3,5 % du PIB en 2035, soit environ 140 milliards d'euros (sommet de 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros, un tiers de plus que la précédente, actualisée en 2025 avec 36 milliards supplémentaires. La France est membre du commandement intégré de l'OTAN depuis 2009 et s'est engagée avec ses alliés sur 3,5 % du PIB de dépenses militaires en 2035. La dissuasion nucléaire reste le socle de la doctrine.
Ce qui a changé depuis 2022
L'invasion de l'Ukraine a fait passer la France en « économie de guerre » : commandes de munitions et de canons Caesar, aide militaire de plusieurs milliards, envoi d'instructeurs. Le retour de Donald Trump en 2025 et son désengagement d'Europe ont poussé Paris à proposer un débat sur la dissuasion élargie. Le budget des armées augmente chaque année depuis 2024, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros entre 2025 et 2026.
Marine Le Pen : Aides ciblées quand les prix flambent
Baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'énergie et les carburants, mais refus d'un coup de pouce au SMIC, qui ferait « une hausse des charges » insupportable pour les petites entreprises (juin 2024). Source
« Si j'arrive au pouvoir, je mets la TVA à 0 % sur les produits de première nécessité » (11 décembre 2025), plus la TVA à 5,5 % sur l'énergie. Source
Gabriel Attal : Aides ciblées quand les prix flambent
Contre une baisse des taxes sur le carburant, « ni possible, à mon sens, ni souhaitable » : il veut « accompagner les Français de manière ciblée » (21 septembre 2026). Source
Édouard Philippe : Baisser les charges pour augmenter le salaire net
Pas de coup de pouce au SMIC au-delà de la revalorisation légale (décembre 2019) ; privilégie la baisse des charges et « travailler plus longtemps dans la semaine » (2025). Source
Bruno Retailleau : Baisser les charges pour augmenter le salaire net
Les heures au-delà de 1 607 par an à « zéro cotisation et zéro impôt », soit jusqu'à 230 euros nets par mois (janvier 2026). Source
Face à la flambée du carburant, veut « multiplier par trois » le chèque carburant, payé par une « taxation des superprofits » (21 septembre 2026). Source
Fabien Roussel : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 700 euros nets, hausse de 5 % de tous les salaires et retour de l'échelle mobile, qui indexe automatiquement les salaires sur les prix (université d'été du PCF, 22 août 2026). Source
Propose de porter le salaire minimum à 2 000 euros brut par mois dès 2027 et d'indexer le point d'indice des fonctionnaires sur l'inflation. Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.