Mélenchon, Attal et Tondelier à la braderie de Lille le même jour
Trois candidats sont venus chercher les mêmes électeurs au même endroit. Mélenchon a parlé pouvoir d'achat, blocage des prix et des loyers, devant 12 000 personnes selon La France insoumise. Attal a attaqué la politique étrangère du RN, et Marine Tondelier a lancé « personne ne gagnera seul en 2027 » en réclamant une primaire à gauche.
Le 5 septembre, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal et Marine Tondelier se sont tous rendus à la braderie de Lille, un rendez-vous populaire traditionnel, pour y faire des discours de rentrée politique devant les mêmes badauds.
Mélenchon a détaillé ses mesures d'urgence sociale : « Bloquer les prix, bloquer les marges de profit qui ne peuvent continuer telles qu'elles sont, bloquer les loyers pour ne pas être expulsé avant l'hiver ». Il a aussi alerté sur le fait que « les prix augmentent, dans un pays où il y a déjà neuf millions de personnes à l'aide alimentaire ». La France insoumise revendique plus de 12 000 personnes présentes à son discours.
Gabriel Attal a de son côté attaqué la politique étrangère du Rassemblement national, accusant le parti de « soumission à l'égard d'autres puissances » et de vouloir abandonner l'Ukraine à la Russie. Il a résumé l'opposition en disant qu'entre le RN et lui, « il y a vraiment deux mondes ».
Marine Tondelier a lancé un appel à l'unité de la gauche en affirmant que « personne ne gagnera seul en 2027 », déplorant la multiplication des candidatures à gauche et plaidant pour une primaire capable de les rassembler.
Jean-Luc Mélenchon : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 600 euros nets, blocage des prix des produits de première nécessité et TVA à 0 % sur ces produits (programme du Nouveau Front populaire, 2024). Source
Gabriel Attal : Aides ciblées quand les prix flambent
Contre une baisse des taxes sur le carburant, « ni possible, à mon sens, ni souhaitable » : il veut « accompagner les Français de manière ciblée » (21 septembre 2026). Source
Propose de porter le salaire minimum à 2 000 euros brut par mois dès 2027 et d'indexer le point d'indice des fonctionnaires sur l'inflation. Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.
Encadrement des loyers partout et interdiction des expulsions sans relogement.
Gabriel Attal : Simplifier les normes pour faire construire
« Choc d'offre » : simplification des normes, densification verticale, conversion de bureaux vides en logements (discours de politique générale, 30 janvier 2024). Source
Veut généraliser et pérenniser l'encadrement des loyers et recourir au droit de réquisition contre les logements vacants. Source
Le sujet en bref
La France construit moins de logements qu'il y a dix ans et les loyers pèsent lourd dans les grandes villes. Le débat oppose l'encadrement des loyers et le logement social massif à la simplification des normes et à un marché plus libre pour les propriétaires. Plusieurs candidats défendent la trajectoire actuelle.
Les chiffres clés
Logements autorisés sur 12 mois : 387 944, en recul de 5,1 % sur la moyenne des cinq dernières années (mars 2025 à février 2026, source)
Demandes de logement social en attente : environ 2,8 millions (mi 2025, source)
Logements sociaux agréés : 95 000, contre 85 000 en 2024 (2025, source)
Passoires thermiques interdites à la location : classe G depuis le 1er janvier 2025, F en 2028, E en 2034 (loi Climat 2021, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi SRU impose 20 à 25 % de logements sociaux dans les communes urbaines. La loi Climat et résilience de 2021 interdit progressivement la location des passoires thermiques (G depuis 2025). La loi du 27 juillet 2023 dite « anti-squat » a porté la violation de domicile à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende et accéléré les expulsions.
Ce qui a changé depuis 2022
La hausse des taux d'intérêt de 2022 et 2023 a fait chuter la construction et les ventes, et le nombre de demandeurs de logement social a atteint un record. MaPrimeRénov' a été plusieurs fois recentrée puis suspendue à l'été 2025 faute de crédits. Le prêt à taux zéro a été rétabli sur tout le territoire en 2025 et le gouvernement a assoupli le DPE pour les petites surfaces.