Philippe veut supprimer 7 000 postes de fonctionnaires pour financer les aides carburant
Sur RTL, Édouard Philippe a proposé de recruter 123 000 fonctionnaires au lieu de 130 000 l'an prochain pour financer 450 millions d'euros d'aides au carburant. « On ne peut pas les financer par de la dette, donc il faut faire des économies », dit-il. Il reste sur des aides ciblées, pas sur une baisse des taxes.
Invité de RTL le 26 septembre, Édouard Philippe a proposé de financer une hausse des aides au carburant en recrutant moins de fonctionnaires. Il chiffre le besoin à 450 millions d'euros, pour les 5,5 millions de Français qui ont droit à l'aide ciblée.
« Comment est-ce qu'on finance ? On ne peut pas les financer par de la dette, donc il faut faire des économies », a-t-il expliqué, avant de préciser : « Trouver 450 millions dans le budget de l'État, c'est possible. L'année prochaine, 130 000 fonctionnaires partent à la retraite. Il faudra qu'on les remplace, mais recruter 123 000 au lieu de 130 000, c'est une piste ». Cela ferait 7 000 postes non remplacés.
Il justifie ce choix par l'état des comptes publics : « Nos finances sont dans un état très fragile, et la crise que nous vivons va durer ». Il garde ainsi la ligne des aides ciblées, quand Marine Le Pen veut baisser la TVA sur le carburant et que Jean-Luc Mélenchon et Ségolène Royal veulent bloquer le prix du litre.
Édouard Philippe : Baisser les charges pour augmenter le salaire net
Pas de coup de pouce au SMIC au-delà de la revalorisation légale (décembre 2019) ; privilégie la baisse des charges et « travailler plus longtemps dans la semaine » (2025). Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.
Position estimée, pas encore justifiée par une source.
Le sujet en bref
La France compte près de 5,9 millions d'agents publics. Le sujet oppose ceux qui veulent recruter massivement et revaloriser les salaires, ceux qui ciblent l'école, l'hôpital et la justice, ceux qui gardent les effectifs actuels, et ceux qui veulent ne pas remplacer tous les départs à la retraite ou supprimer des postes et revoir le statut.
Les chiffres clés
Effectifs de la fonction publique : 5,9 millions d'agents fin 2024, en hausse de 32 800 (+0,6 %) (31 décembre 2024, source)
Répartition des agents publics : 2,6 millions dans l'État (44 %), 2 millions dans la territoriale (34 %), 1,2 million dans l'hospitalière (21 %) (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
Part des contractuels : 23 % dans l'État, 26 % dans la territoriale, 21 % dans l'hospitalière (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
Salaire net moyen d'un agent public : 2 652 euros par mois, 2 552 euros pour les femmes contre 2 834 pour les hommes (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
Arrêt maladie des agents publics : 90 % du traitement pendant 3 mois, puis 50 % pendant 9 mois, avec un jour de carence (depuis le 1er mars 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Les agents publics relèvent du Code général de la fonction publique, créé par l'ordonnance du 24 novembre 2021, qui réunit les statuts de l'État, des collectivités et des hôpitaux. La loi de transformation de 2019 a élargi le recours aux contractuels et créé la rupture conventionnelle. Depuis le 1er mars 2025, les arrêts maladie sont rémunérés à 90 % du traitement les trois premiers mois, puis à 50 % pendant neuf mois, avec un jour de carence.
Ce qui a changé depuis 2022
Les effectifs ont continué de monter : 5,9 millions d'agents fin 2024, après une hausse de 1,1 % en 2023 et de 0,6 % en 2024. Cette croissance vient entièrement des contractuels (+4,9 % en 2023, +2,6 % en 2024), alors que le nombre de fonctionnaires et militaires est stable. Les budgets 2025 et 2026 ont réduit la rémunération des arrêts maladie et supprimé des postes dans plusieurs ministères. Le projet de loi sur la fonction publique annoncé en 2024 a été abandonné avec la dissolution.