Premier débat de la primaire : Royal crée un tollé sur Israël
Pendant le débat diffusé sur TF1 et LCI, Ségolène Royal a dit qu'il faudrait « plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ». Le président du Crif, Yonathan Arfi, y voit « une trahison de l'idéal républicain ». Le lendemain, elle a répondu qu'il faut « soutenir et encourager les Israéliens qui se dressent contre le régime » de Netanyahu.
Lors du premier débat télévisé de la primaire socialiste, Ségolène Royal a affirmé que « la montée de l'antisémitisme n'est pas due à Israël » mais à ses dirigeants actuels. Elle a ajouté qu'il faudrait « plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ».
Ces propos ont provoqué l'indignation d'associations juives. Le président du Crif, Yonathan Arfi, parle d'« une trahison de l'idéal républicain » : selon lui, « cette injonction fait des Juifs les responsables de la haine dont ils sont les victimes ». Le vice-président du Crif, Philippe Meyer, juge les propos « moralement et politiquement intolérables ». Ariel Goldmann, de la Fondation du judaïsme français, a demandé si elle exigerait la même chose des musulmans de France au sujet d'autres dictatures.
La ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a réagi elle aussi : « il n'y a pas un seul Français juif responsable de la situation à Gaza ».
Ségolène Royal a répondu le jeudi matin sur X : « il faut soutenir et encourager les Israéliens qui se dressent contre le régime du criminel de guerre Netanyahu. Je n'ai jamais essentialisé nos compatriotes de confession juive ». La polémique intervient au début d'une primaire dont le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre.
Prudente sur l'escalade en Ukraine, plaide pour des issues négociées.
Le sujet en bref
Guerre en Ukraine, relation avec les États-Unis, OTAN, réarmement : la défense et les alliances pèsent dans la campagne. Les candidats vont du non-alignement et de la sortie de l'OTAN à un atlantisme assumé avec réarmement fort, en passant par la continuité, une défense européenne renforcée et le soutien à l'Ukraine.
Les chiffres clés
Budget de la défense : 57,15 milliards d'euros pour la mission Défense hors pensions, 68,4 milliards pour le ministère (+6,7 milliards sur un an) (projet de loi de finances 2026, source)
Loi de programmation militaire 2024-2030 : 413 milliards d'euros, plus 36 milliards ajoutés pour 2026-2030 (2025, source)
Soutien à l'Ukraine dans la LPM : 1,2 milliard d'euros de financement interministériel prévu par la loi de programmation militaire (LPM 2024-2030, source)
Objectif OTAN : 3,5 % du PIB en 2035, soit environ 140 milliards d'euros (sommet de 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros, un tiers de plus que la précédente, actualisée en 2025 avec 36 milliards supplémentaires. La France est membre du commandement intégré de l'OTAN depuis 2009 et s'est engagée avec ses alliés sur 3,5 % du PIB de dépenses militaires en 2035. La dissuasion nucléaire reste le socle de la doctrine.
Ce qui a changé depuis 2022
L'invasion de l'Ukraine a fait passer la France en « économie de guerre » : commandes de munitions et de canons Caesar, aide militaire de plusieurs milliards, envoi d'instructeurs. Le retour de Donald Trump en 2025 et son désengagement d'Europe ont poussé Paris à proposer un débat sur la dissuasion élargie. Le budget des armées augmente chaque année depuis 2024, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros entre 2025 et 2026.
DébatTroisième débat de la primaire du camp social-démocrate, sur BFMTVÉmission « Vous, président » à 20h45, avec Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Dernier débat avant le premier tour des 9 et 10 octobre.