Premier grand débat de la campagne, devant le Medef

Sept candidats ont débattu près de deux heures à Roland-Garros, en direct sur LCI : Mélenchon, Tondelier, Glucksmann, Attal, Philippe, Retailleau et Le Pen. Ils ont été interrogés par des chefs d'entreprise sur la dette, les retraites, le coût du travail et les normes. C'est la première fois que les principaux candidats se répondent en direct, et le plateau montre qui est déjà considéré comme dans la course.

Le jeudi 27 août 2026, à 16h45, sept candidats à la présidentielle ont débattu sur le court Philippe-Chatrier, à Roland-Garros, à l'occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef. L'échange, diffusé en direct sur LCI, a duré près de deux heures d'interrogatoire par cinq chefs d'entreprise.

Étaient présents Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Les candidats ont été interrogés sur la dette publique, les retraites, la réindustrialisation, le coût du travail et les normes.

Un échange a particulièrement marqué le débat : Édouard Philippe a averti Jean-Luc Mélenchon que sa proposition d'annuler une partie de la dette rendrait la France « interdite bancaire », tandis que Jean-Luc Mélenchon défendait des aides aux entreprises conditionnées et des hausses de salaires. C'est la première fois de la campagne que les principaux candidats se répondent en direct sur un même plateau.

Sources

LCP, 27 août 2026 · franceinfo, ce qu'il faut retenir du débat

Leurs positions : dette publique

Que faire des 3 300 milliards de dette ?

  • Jean-Luc Mélenchon : Annuler la part détenue par la Banque centrale

    Exiger que la BCE transforme la dette publique qu'elle détient en dette perpétuelle à taux nul, audit citoyen pour identifier la part illégitime. Source

  • Marine Tondelier : Stabiliser la dette sans plan de choc

    Position estimée, pas encore justifiée par une source.

  • Raphaël Glucksmann : Stabiliser la dette sans plan de choc

    Un grand emprunt européen pour la souveraineté et 100 milliards d'investissement public vert sur dix ans, plutôt qu'un plan d'austérité. Source

  • Gabriel Attal : Réduire le déficit chaque année

    Assume la rigueur budgétaire : « nous poursuivrons sur cette voie de rigueur et de responsabilité », après le décret annulant 10 milliards de crédits (26 mars 2024). Source

  • Édouard Philippe : Plan d'économies massif pour désendetter vite

    Ramener le déficit sous 3 % du PIB et inscrire une limite aux déficits dans la Constitution ; « reproduire à l'échelle de la France ce qu'il a fait au Havre ». Source

  • Bruno Retailleau : Plan d'économies massif pour désendetter vite

    Réduire la dépense par la réforme des retraites, le plafonnement des aides et la baisse des effectifs publics ; « le pouvoir d'achat doit venir de la création de richesse, pas de l'argent de l'État » (7 janvier 2026). Source

  • Marine Le Pen : Réduire le déficit chaque année

    Position estimée, pas encore justifiée par une source.

Le sujet en bref

La dette publique française dépasse 3 300 milliards d'euros, soit environ 113 % du PIB. Les candidats divergent sur la marche à suivre : annuler la part détenue par la Banque centrale, geler le remboursement pour investir, stabiliser sans plan de choc, réduire le déficit chaque année, ou lancer un plan d'économies massif.

Les chiffres clés

  • Dette publique : 3 460,5 milliards d'euros (115,6 % du PIB), après 112,6 % fin 2024 (fin 2025, source)
  • Déficit public : 152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB), après 5,8 % en 2024 (2025, source)
  • Charge d'intérêts : 64,7 milliards d'euros (2,2 % du PIB), +11,2 % sur un an (2025, source)
  • Dépenses et recettes publiques : 57,2 % du PIB de dépenses, 52,1 % de recettes, prélèvements obligatoires 43,6 % (2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

Les règles européennes réformées en avril 2024 imposent un plan budgétaire à moyen terme ; la France est en procédure pour déficit excessif depuis juillet 2024, avec un retour du déficit sous 3 % du PIB attendu en 2029. La dette au sens de Maastricht atteint 115,6 % du PIB fin 2025 et la charge d'intérêts, 64,7 milliards d'euros en 2025, est devenue l'un des premiers postes de dépense de l'État. Le budget 2026 a été adopté par 49.3 en février 2026.

Ce qui a changé depuis 2022

Le déficit est passé de 4,7 % du PIB en 2022 à 5,4 % en 2023, 5,8 % en 2024 puis 5,1 % en 2025, alors que la dette passait de 111,4 % du PIB fin 2022 à 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB, fin 2025. Le Conseil de l'UE a ouvert une procédure pour déficit excessif en juillet 2024 et validé une trajectoire 2025-2029. La chute des gouvernements Barnier (décembre 2024) et Bayrou (septembre 2025) a retardé les budgets 2025 et 2026, adoptés avec de nouveaux impôts et des économies.

Tous les candidats : dette publique

Leurs positions : retraites

À quel âge doit-on partir à la retraite ?

  • Jean-Luc Mélenchon : Retour à 60 ans

    Propose le retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités (L'Avenir en commun).

  • Marine Tondelier : Retour à 60 ans

    Pour l'abrogation de la réforme des retraites de 2023.

  • Raphaël Glucksmann : Revenir à 62 ans

    Critique la réforme de 2023 sans promettre le retour à 60 ans, privilégie la négociation.

  • Gabriel Attal : Garder 64 ans

    Qualifie la réforme de 2023 de « brutale » et « inefficace », veut une refonte par la capitalisation collective et le travail des seniors.

  • Édouard Philippe : 65 à 67 ans, plus de capitalisation

    Assume que « nous allons tous devoir travailler un peu plus longtemps », jusqu'à 67 ans selon les métiers.

  • Bruno Retailleau : 65 à 67 ans, plus de capitalisation

    « L'âge minimal de départ, c'est 63 ans », avec une décote, un taux plein automatique à 65 ans qui suivra l'espérance de vie, et de la capitalisation pour « 25 à 30% des retraites des jeunes » (LCI, 22 septembre 2026). Source

  • Marine Le Pen : Revenir à 62 ans

    Défend le retour à 60 ans pour les carrières longues, 62 ans sinon.

Le sujet en bref

La réforme de 2023 fait passer l'âge légal de départ de 62 à 64 ans d'ici 2030. C'est l'un des sujets les plus clivants de la campagne : certains candidats veulent revenir à 62 ou 60 ans, d'autres garder 64 ans, d'autres encore repousser vers 65 ou 67 ans et développer la retraite par capitalisation.

Les chiffres clés

  • Âge légal de départ : 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1969, après le décalage d'une génération (2026, source)
  • Décret de suspension : décret n° 2026-344 du 7 mai 2026, applicable aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (8 mai 2026, source)
  • Dépenses de retraite : 422 milliards d'euros, soit 14,1 % du PIB (2025, source)
  • Solde du système de retraite projeté : -2,4 points de PIB en 2070, contre -0,2 point (5,1 milliards d'euros) en 2025 (rapport annuel COR, juin 2026, source)
  • Âge moyen de départ à la retraite : 63,1 ans en 2025, 64,6 ans en 2070 (rapport annuel COR, juin 2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois par génération et accélère le passage à 43 annuités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge de cette réforme pour la génération 1964 et pour les assurés nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, avant qu'elle ne reprenne pour les générations suivantes. Le décret d'application a été publié au Journal officiel le 8 mai 2026 et s'applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.

Ce qui a changé depuis 2022

La réforme des retraites de 2023, adoptée par 49.3 après plusieurs mois de grèves, a été le grand conflit social du quinquennat. En 2025, un « conclave » entre partenaires sociaux n'a pas abouti à un accord. À l'automne 2025, le gouvernement Lecornu a accepté de suspendre la réforme jusqu'à la présidentielle pour obtenir un budget, ce que le Parlement a voté dans la LFSS 2026.

Tous les candidats : retraites

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