Roussel menace de nationaliser TotalEnergies et Rubis

À la Fête de l'Humanité, pour son premier meeting de candidat, Fabien Roussel a accusé TotalEnergies et Rubis de « racket » et demandé une baisse des taxes sur l'essence. Si ces groupes refusent de changer, il promet une « nationalisation-sanction », qu'il compare à celle de Renault en 1945, et veut aussi nationaliser une grande banque. Son porte-parole annonce une ligne « plus à gauche et radicale que Jean-Luc Mélenchon ».

À la Fête de l'Humanité, pour son premier grand meeting de campagne, Fabien Roussel s'en est pris aux groupes pétroliers : « La fin est proche pour tous ceux qui nous font les poches ». Il visait Patrick Pouyanné, patron de TotalEnergies, et Jean-Christian Bergeron, du groupe Rubis, accusé de dominer la distribution de carburant en Corse et en outre-mer.

S'il est élu, il promet de mettre fin à « son chantage et au racket de nos concitoyens ». En cas de refus, il annonce : « Nous appliquerons la même chose que la France a appliquée à Renault en 1945 au lendemain de la guerre, ce sera la nationalisation-sanction ». Il justifie cette mesure par les profits tirés des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Dans son discours, il demande aussi une baisse des taxes sur l'essence.

Il veut également « nationaliser une grande banque pour reprendre la main sur notre économie ». Cette banque publique prêterait à des taux bonifiés, nuls ou même négatifs, selon des critères sociaux et écologiques. Il appelle enfin les Français à se mobiliser « sur les ronds-points, devant les sous-préfectures, devant les préfectures ».

Jean-Luc Mélenchon parlait à la même fête. Le porte-parole du PCF, Léon Deffontaines, a promis une ligne plus à gauche et plus radicale que la sienne sur l'économie et le social. En 2022, Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 21,95 % des voix, contre 2,28 % pour Fabien Roussel.

Sources

AFP via Orange, « La fin est proche pour ceux qui nous font les poches », 12 septembre 2026 · Sud Radio, duel à distance Mélenchon-Roussel à la Fête de l'Humanité, 12 septembre 2026

Leurs positions : industrie et commerce

Quel rôle de l'État dans l'industrie ?

  • Fabien Roussel : Nationaliser les secteurs clés

    Nationaliser les grandes entreprises stratégiques de la pharmacie, de l'énergie, des transports, de la banque et de l'assurance. Source

  • Jean-Luc Mélenchon : Nationaliser les secteurs clés

    Renationaliser EDF et Engie à 100 %, monopole public de l'énergie, interdiction de délocaliser pendant dix ans pour toute entreprise aidée. Source

Le sujet en bref

La part de l'industrie dans le PIB français a reculé depuis quarante ans. Le débat porte sur le rôle de l'État : nationaliser les secteurs clés, planifier et refuser les traités de libre-échange, poursuivre les aides actuelles à la réindustrialisation, baisser les impôts de production et alléger les normes, ou laisser faire le marché.

Les chiffres clés

  • Poids de l'industrie manufacturière : 10,8 % de la valeur ajoutée, contre 16,0 % en Italie et 19,8 % en Allemagne (1er trimestre 2025, source)
  • Emploi industriel : 3,4 millions de salariés, dont 2,9 millions dans l'industrie manufacturière (2023, source)
  • Déficit commercial : 69,2 milliards d'euros, après 79,2 en 2024 et 161,7 en 2022 (2025, source)
  • Exportations de biens : 614,7 milliards d'euros (2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

L'État intervient par le plan France 2030 (54 milliards d'euros d'investissements publics sur 2021 à 2030), par la loi industrie verte du 23 octobre 2023 (procédures accélérées pour les projets d'intérêt national majeur, crédit d'impôt pour les technologies vertes, commande publique) et par des baisses d'impôts de production engagées depuis 2021. L'industrie manufacturière pèse environ 10,8 % de la valeur ajoutée et emploie 2,9 millions de salariés.

Ce qui a changé depuis 2022

La loi industrie verte a été promulguée le 23 octobre 2023 et France 2030 a poursuivi ses appels à projets, avec une phase IA lancée en février 2025. Le déficit commercial a reculé de 161,7 milliards d'euros en 2022, record lié à l'énergie, à 69,2 milliards en 2025 grâce à la baisse de la facture énergétique et au rebond du nucléaire. La production manufacturière restait au deuxième trimestre 2025 à 4,3 points sous son niveau de 2019, contre 12,4 points en Allemagne et 6,3 points en Italie.

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Leurs positions : pouvoir d'achat

Comment faire face aux prix ?

  • Fabien Roussel : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation

    SMIC à 1 700 euros nets, hausse de 5 % de tous les salaires et retour de l'échelle mobile, qui indexe automatiquement les salaires sur les prix (université d'été du PCF, 22 août 2026). Source

  • Jean-Luc Mélenchon : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation

    SMIC à 1 600 euros nets, blocage des prix des produits de première nécessité et TVA à 0 % sur ces produits (programme du Nouveau Front populaire, 2024). Source

Le sujet en bref

Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.

Les chiffres clés

  • Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
  • SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
  • Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
  • Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.

Ce qui a changé depuis 2022

Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.

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