Face aux Outre-mer, François Ruffin a réclamé « une indexation des salaires sur l'inflation » et « une marge raisonnable » pour les entreprises. Il a visé le groupe Bernard Hayot, qui « se gave pendant que les Martiniquais et les Guadeloupéens se rationnent ». Il revendique environ 150 promesses de parrainage sur les 500 nécessaires.
Invité de « Face aux Outre-mer » le 22 septembre 2026, François Ruffin a présenté sa vision des territoires ultramarins. Le député de la Somme revenait de déplacements en Martinique, en Guadeloupe, à Mayotte et à La Réunion.
Sur la vie chère, il ne demande pas un blocage strict des prix. Il propose « une marge raisonnable » pour les entreprises et « une indexation des salaires sur l'inflation ». Il a visé directement un grand groupe de distribution : « Le groupe Bernard Hayot se gave pendant que les Martiniquais et les Guadeloupéens se rationnent ».
Il a aussi parlé du chlordécone, où il voit plusieurs injustices, dont « l'injustice sanitaire, le fait qu'on laisse une terre polluée pendant des siècles », et la difficulté d'obtenir justice. Pour Mayotte, il veut « mettre le paquet sur l'éducation », en rappelant que 70 % des écoles y fonctionnent par rotation.
Sur les demandes d'autonomie en Guyane et en Martinique, il se dit ouvert au dialogue mais insiste : « Les questions d'indépendance ne doivent pas masquer la question de l'égalité ». Côté candidature, il revendique environ 150 promesses de parrainage sur les 500 nécessaires pour l'élection d'avril et mai 2027.
Un « congrès général des territoires » pour l'égalité et l'autonomie dans les Outre-mer (programme du Nouveau Front populaire, 2024). Source
Le sujet en bref
Vie chère, insécurité, autonomie : les outre-mer ont connu plusieurs crises depuis 2024, de la Nouvelle-Calédonie à la Martinique. Les positions vont du droit à l'autodétermination et de la rupture avec Paris à une égalité stricte avec la métropole sans autonomie, en passant par le contrôle des prix, les dispositifs actuels ou plus d'État sur place.
Les chiffres clés
Accord de Bougival : publié au Journal officiel, il prévoit un « État de la Nouvelle-Calédonie » et une nationalité calédonienne (6 septembre 2025, source)
Prix alimentaires plus chers qu'en métropole : +41,8 % en Guadeloupe, +40,2 % en Martinique, +39,4 % en Guyane, +36,7 % à La Réunion, +30,2 % à Mayotte (2022, source)
Taux de chômage : 12,3 % en Martinique, 16,8 % en Guadeloupe, 16,9 % en Guyane, 17,3 % à La Réunion, 29,0 % à Mayotte, contre 7,4 % en France (2024, source)
PIB par habitant : 28 600 euros en Martinique, 27 300 en Guadeloupe, 26 200 à La Réunion, 17 700 en Guyane, 11 000 à Mayotte, contre 41 300 en France (2023, source)
Taux de pauvreté : 26,8 % en Martinique, 34,5 % en Guadeloupe, 36,1 % à La Réunion, 52,9 % en Guyane, 77,3 % à Mayotte, contre 15,3 % en France (2021, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Les cinq départements et régions d'outre-mer relèvent de l'article 73 de la Constitution (identité législative avec adaptations), les collectivités du Pacifique de l'article 74, et la Nouvelle-Calédonie d'un titre spécifique issu de l'accord de Nouméa. Une loi d'urgence (février 2025) puis une loi de programmation pour la refondation de Mayotte (2025) organisent la reconstruction après le cyclone Chido. L'accord de Bougival, publié au Journal officiel le 6 septembre 2025, prévoit un « État de la Nouvelle-Calédonie » et une nationalité calédonienne, mais suppose une révision de la Constitution qui n'est pas acquise.
Ce qui a changé depuis 2022
La Nouvelle-Calédonie a connu en mai 2024 les émeutes les plus graves depuis les années 1980, déclenchées par le projet de dégel du corps électoral. Mayotte a été dévastée par le cyclone Chido en décembre 2024. La Martinique a vécu à l'automne 2024 un mouvement contre la vie chère qui a abouti à un protocole de baisse des prix alimentaires. Les écarts mesurés par l'Insee restent très larges : l'alimentation coûte de 30 % à 42 % plus cher qu'en métropole, et le chômage y est deux à quatre fois plus élevé.
François Ruffin : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 700 euros nets, et « une indexation des salaires sur l'inflation » avec « une marge raisonnable » pour les entreprises (22 septembre 2026). Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.