Ukraine et carburant : Attal, Le Pen et Mélenchon au sommet Politico
Au sommet Playbook Paris de Politico, Marine Le Pen a redit : « Nous ne pouvons plus aider financièrement l'Ukraine ». Gabriel Attal lui a opposé que le soutien à l'Ukraine « c'est un investissement pour nous ». Jean-Luc Mélenchon a décrit un pays « en état d'exaspération » et prévenu : « Les Gilets jaunes, c'est calme à côté de ce qui vous attend ».
Le 24 septembre 2026, Gabriel Attal, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se sont succédé au sommet Playbook Paris organisé par Politico. Sur l'Ukraine, les trois lignes sont très différentes. Marine Le Pen dit garder son soutien au pays, mais affirme : « Nous ne pouvons plus aider financièrement l'Ukraine ». Elle ajoute : « Je souhaite que le pays ne fasse la guerre à aucun pays nucléaire ».
Gabriel Attal défend au contraire l'aide à Kiev au nom d'une Europe plus autonome. Pour lui, « le soutien à l'Ukraine, ce n'est pas une aide humanitaire, c'est un investissement pour nous ». Jean-Luc Mélenchon plaide pour un retrait russe obtenu par « la stratégie des petits pas » et avec l'ONU, et maintient sa position de sortie de l'Otan.
La flambée du prix du carburant a occupé une grande partie des échanges. Marine Le Pen propose de baisser la TVA sur le carburant, pour un coût d'environ 12 milliards d'euros, et rejette la « politique des chèques, inefficace et onéreuse ». Jean-Luc Mélenchon veut « bloquer le litre à 1,70 euro » et estime que « Total se débrouille avec ses marges ». Il décrit un pays « en état d'exaspération » où « les gens se privent de manger », et prévient : « Les Gilets jaunes, c'est calme à côté de ce qui vous attend ».
Sur les finances publiques, Gabriel Attal annonce 150 milliards d'euros d'économies sur cinq ans, avec une réforme des retraites, une simplification de l'administration et peut-être 100 000 départs volontaires dans la fonction publique. Marine Le Pen met en garde contre une possible « crise obligataire » et renvoie les choix budgétaires à l'après-élection.
Défend le non-alignement et la sortie du commandement intégré de l'OTAN.
Le sujet en bref
Guerre en Ukraine, relation avec les États-Unis, OTAN, réarmement : la défense et les alliances pèsent dans la campagne. Les candidats vont du non-alignement et de la sortie de l'OTAN à un atlantisme assumé avec réarmement fort, en passant par la continuité, une défense européenne renforcée et le soutien à l'Ukraine.
Les chiffres clés
Budget de la défense : 57,15 milliards d'euros pour la mission Défense hors pensions, 68,4 milliards pour le ministère (+6,7 milliards sur un an) (projet de loi de finances 2026, source)
Loi de programmation militaire 2024-2030 : 413 milliards d'euros, plus 36 milliards ajoutés pour 2026-2030 (2025, source)
Soutien à l'Ukraine dans la LPM : 1,2 milliard d'euros de financement interministériel prévu par la loi de programmation militaire (LPM 2024-2030, source)
Objectif OTAN : 3,5 % du PIB en 2035, soit environ 140 milliards d'euros (sommet de 2025, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros, un tiers de plus que la précédente, actualisée en 2025 avec 36 milliards supplémentaires. La France est membre du commandement intégré de l'OTAN depuis 2009 et s'est engagée avec ses alliés sur 3,5 % du PIB de dépenses militaires en 2035. La dissuasion nucléaire reste le socle de la doctrine.
Ce qui a changé depuis 2022
L'invasion de l'Ukraine a fait passer la France en « économie de guerre » : commandes de munitions et de canons Caesar, aide militaire de plusieurs milliards, envoi d'instructeurs. Le retour de Donald Trump en 2025 et son désengagement d'Europe ont poussé Paris à proposer un débat sur la dissuasion élargie. Le budget des armées augmente chaque année depuis 2024, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros entre 2025 et 2026.
Gabriel Attal : Aides ciblées quand les prix flambent
Contre une baisse des taxes sur le carburant, « ni possible, à mon sens, ni souhaitable » : il veut « accompagner les Français de manière ciblée » (21 septembre 2026). Source
Marine Le Pen : Aides ciblées quand les prix flambent
Baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'énergie et les carburants, mais refus d'un coup de pouce au SMIC, qui ferait « une hausse des charges » insupportable pour les petites entreprises (juin 2024). Source
Jean-Luc Mélenchon : Bloquer les prix, indexer les salaires sur l'inflation
SMIC à 1 600 euros nets, blocage des prix des produits de première nécessité et TVA à 0 % sur ces produits (programme du Nouveau Front populaire, 2024). Source
Le sujet en bref
Après l'inflation de 2022 et 2023, le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français. Les réponses proposées vont du blocage des prix et de l'indexation des salaires à une forte hausse du SMIC, des aides ciblées, la baisse des charges pour augmenter le salaire net, ou l'absence d'intervention de l'État.
Les chiffres clés
Inflation annuelle : +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, +0,9 % en 2025 (2022 à 2025, source)
SMIC horaire brut : 12,02 euros (1 823,03 euros bruts par mois), contre 10,57 euros au 1er janvier 2022 (1er janvier 2026, source)
Boucliers énergétiques : 26,3 milliards d'euros de coût total, 20,4 milliards de coût net pour l'État (2021 à 2024, source)
Salaires horaires : +1,9 % sur un an, coût horaire du travail +2,3 % (1er trimestre 2026, source)
Ce que dit la loi aujourd'hui
Le SMIC est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier selon l'inflation et le salaire ouvrier, plus en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % ; il est à 12,02 euros bruts de l'heure depuis le 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur créée par la loi du 16 août 2022 remplace la prime Macron et reste en vigueur, avec des exonérations recentrées depuis 2024. Le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz est terminé : les tarifs réglementés ont été remis en place progressivement entre 2023 et février 2025.
Ce qui a changé depuis 2022
Face à une inflation de 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat a revalorisé de 4 % les retraites et prestations et triplé le plafond de la prime Macron (devenue prime de partage de la valeur), tandis que la loi de finances rectificative du même jour supprimait la redevance audiovisuelle. Les boucliers tarifaires énergie ont coûté 26,3 milliards d'euros au total, soit 20,4 milliards nets pour l'État entre 2021 et 2024, puis ont été retirés. L'inflation est retombée à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025, tandis que le SMIC est passé de 10,57 à 12,02 euros de l'heure entre 2022 et 2026.