Gabriel Attal promet 150 milliards d'économies et 100 000 postes de fonctionnaires en moins

Dans une lettre aux Français publiée le 15 octobre, Gabriel Attal promet 150 milliards d'euros d'économies sur le quinquennat, un frein d'urgence de 20 milliards et le zéro déficit en 2037. Il veut supprimer 100 000 postes de fonctionnaires par des départs volontaires, hors école, armée, justice et police.

Par la rédaction de QuiVoter 2027 · sources citées en bas de page

Le 15 octobre, Gabriel Attal publie sur son site une lettre aux Français consacrée aux finances publiques. Elle doit être envoyée à 600 000 foyers, soit près de 2 millions de personnes. Il y rappelle que la France paierait 91 milliards d'euros d'intérêts de la dette en 2027.

Il promet « 150 milliards d'euros d'économies sur le quinquennat », dont deux tiers sur les dépenses sociales : arrêts maladie, assurance chômage et retraites. Il prévoit un frein d'urgence de 20 milliards d'euros dès son arrivée à l'Élysée, l'équilibre de la Sécurité sociale en trois ans, un déficit sous 3 % avant 2032 et le zéro déficit en 2037. Une « double règle d'or » imposerait des budgets à l'équilibre sous dix ans.

Il propose aussi la « suppression de 100 000 postes de fonctionnaires » par des départs volontaires avec prime. L'Éducation nationale, les Armées, la Justice et l'Intérieur seraient épargnés. Le RN avait présenté le 6 octobre un contre-budget à 140 milliards d'euros d'économies d'ici 2032 : la dette devient un terrain de concurrence entre candidats.

Sources

Gabriel Attal, Lettre aux Français : son plan pour rétablir les finances publiques, 15 octobre 2026 · Public Sénat, 140 milliards d'euros d'économies d'ici 2032 : « l'effort radical » proposé par Marine Le Pen, 6 octobre 2026

Sa position : dette publique

Que faire des 3 300 milliards de dette ?

  • Gabriel Attal : Réduire le déficit chaque année

    Lettre aux Français du 15 octobre 2026 : « 150 milliards d'euros d'économies sur le quinquennat », un frein d'urgence de 20 milliards dès l'élection, le déficit sous 3 % avant 2032 et le zéro déficit en 2037, avec une « double règle d'or ». Source

Le sujet en bref

La dette publique française dépasse 3 300 milliards d'euros, soit environ 113 % du PIB. Les candidats divergent sur la marche à suivre : annuler la part détenue par la Banque centrale, geler le remboursement pour investir, stabiliser sans plan de choc, réduire le déficit chaque année, ou lancer un plan d'économies massif.

Les chiffres clés

  • Dette publique : 3 460,5 milliards d'euros (115,6 % du PIB), après 112,6 % fin 2024 (fin 2025, source)
  • Déficit public : 152,5 milliards d'euros (5,1 % du PIB), après 5,8 % en 2024 (2025, source)
  • Charge d'intérêts : 64,7 milliards d'euros (2,2 % du PIB), +11,2 % sur un an (2025, source)
  • Dépenses et recettes publiques : 57,2 % du PIB de dépenses, 52,1 % de recettes, prélèvements obligatoires 43,6 % (2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

Les règles européennes réformées en avril 2024 imposent un plan budgétaire à moyen terme ; la France est en procédure pour déficit excessif depuis juillet 2024, avec un retour du déficit sous 3 % du PIB attendu en 2029. La dette au sens de Maastricht atteint 115,6 % du PIB fin 2025 et la charge d'intérêts, 64,7 milliards d'euros en 2025, est devenue l'un des premiers postes de dépense de l'État. Le budget 2026 a été adopté par 49.3 en février 2026.

Ce qui a changé depuis 2022

Le déficit est passé de 4,7 % du PIB en 2022 à 5,4 % en 2023, 5,8 % en 2024 puis 5,1 % en 2025, alors que la dette passait de 111,4 % du PIB fin 2022 à 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB, fin 2025. Le Conseil de l'UE a ouvert une procédure pour déficit excessif en juillet 2024 et validé une trajectoire 2025-2029. La chute des gouvernements Barnier (décembre 2024) et Bayrou (septembre 2025) a retardé les budgets 2025 et 2026, adoptés avec de nouveaux impôts et des économies.

Tous les candidats : dette publique

Sa position : fonction publique

Combien de fonctionnaires ?

  • Gabriel Attal : Ne pas remplacer tous les départs à la retraite

    Lettre aux Français du 15 octobre 2026 : « suppression de 100 000 postes de fonctionnaires » par des départs volontaires avec prime, en épargnant l'Éducation nationale, les Armées, la Justice et l'Intérieur. Il ne propose pas de revoir le statut. Source

Le sujet en bref

La France compte près de 5,9 millions d'agents publics. Le sujet oppose ceux qui veulent recruter massivement et revaloriser les salaires, ceux qui ciblent l'école, l'hôpital et la justice, ceux qui gardent les effectifs actuels, et ceux qui veulent ne pas remplacer tous les départs à la retraite ou supprimer des postes et revoir le statut.

Les chiffres clés

  • Effectifs de la fonction publique : 5,9 millions d'agents fin 2024, en hausse de 32 800 (+0,6 %) (31 décembre 2024, source)
  • Répartition des agents publics : 2,6 millions dans l'État (44 %), 2 millions dans la territoriale (34 %), 1,2 million dans l'hospitalière (21 %) (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
  • Part des contractuels : 23 % dans l'État, 26 % dans la territoriale, 21 % dans l'hospitalière (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
  • Salaire net moyen d'un agent public : 2 652 euros par mois, 2 552 euros pour les femmes contre 2 834 pour les hommes (rapport annuel DGAFP, édition 2025, source)
  • Arrêt maladie des agents publics : 90 % du traitement pendant 3 mois, puis 50 % pendant 9 mois, avec un jour de carence (depuis le 1er mars 2025, source)

Ce que dit la loi aujourd'hui

Les agents publics relèvent du Code général de la fonction publique, créé par l'ordonnance du 24 novembre 2021, qui réunit les statuts de l'État, des collectivités et des hôpitaux. La loi de transformation de 2019 a élargi le recours aux contractuels et créé la rupture conventionnelle. Depuis le 1er mars 2025, les arrêts maladie sont rémunérés à 90 % du traitement les trois premiers mois, puis à 50 % pendant neuf mois, avec un jour de carence.

Ce qui a changé depuis 2022

Les effectifs ont continué de monter : 5,9 millions d'agents fin 2024, après une hausse de 1,1 % en 2023 et de 0,6 % en 2024. Cette croissance vient entièrement des contractuels (+4,9 % en 2023, +2,6 % en 2024), alors que le nombre de fonctionnaires et militaires est stable. Les budgets 2025 et 2026 ont réduit la rémunération des arrêts maladie et supprimé des postes dans plusieurs ministères. Le projet de loi sur la fonction publique annoncé en 2024 a été abandonné avec la dissolution.

Tous les candidats : fonction publique

Leurs prochains rendez-vous

  • DébatDébat LCI avec les Restos du Cœur, « Quelle société pour demain ? »À 20h40 sur LCI, dans un entrepôt des Restos du Cœur. Solidarité, pouvoir d'achat et précarité. Édouard Philippe absent, au conseil municipal du Havre selon son entourage.

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